Orne parti le 16 janvier 1873 et arrivé le 4 mai 1873
2 hommes condamnés à la déportation en enceinte fortifiée
15 femmes condamnées à la prison
Matricules 14 à 28
4 femmes condamnées aux travaux forcés
Matricules 17 à 20
85 hommes condamnés à la déportation en enceinte fortifiée
Matricules 517 à 601
452 hommes condamnés à la déportation simple
Matricules 1.568 à 2.019
Orne parti le 4 mars 1874 et Arrivé le 16 Juillet 1874
1 femme condamnée à la prison
Matricules 59
2 femmes condamnées aux travaux forcés
Matricules 39 à 40
257 hommes condamnés aux travaux forcés
Matricules 6.121 à 6.377
Orne Parti le 1° Juin 1875 et arrivé le 22 Septembre 1875
8 hommes condamnés à la déportation en enceinte fortifiée
Matricules 869 à 876
16 hommes condamnés à la déportation simple
Matricules 2.996 à 3.011
234 hommes condamnés aux travaux forcés
Matricules 7.405 à 7.638
L'Orne, comme le Var est un transport-écuries à hélice de type Ardèche construit par les chantiers de Bordeaux, chez Chaigneau et Bichon, puis Bichon frères, à Lormont (Gironde).
Il est mis en chantier en décembre 1859, mis à flot le 26 septembre 1862.
Il appareille de cette ville en février 1863 et, après une escale à Rochefort, va sur Brest où son armement est achevé le 20 mars 1863, date où il est mis en service.
Il sera rayé des contrôles le 5 juin 1891, puis démoli. Ce type de navire était un trois-mâts barque, spécialement conçu pour le transport des chevaux sur les théâtres d'opération, dessiné par Guesnet selon les plans du Calvados, qui pouvait recevoir 400 passagers et 360 chevaux ou mulets. Chaque animal disposait de 60 cm de largeur dans un des deux faux-ponts affectés au transport.
Les dimensions du bâtiment étaient de 80m33 x 13m00 x 4m77, le jaugeage de 3479 tonneaux, pour une vitesse maximum de 9,42 nœuds.
La propulsion s'effectuait au moyen de 2 machines à vapeur de 230 ou 280 chn, soit 980 chevaux nécessitant 200 tonnes de charbon, et une voilure de 3140 m².
L'armement était en principe de 4 obusiers de 30.
Enfin l'équipage était de 212 à 215 officiers et hommes d'équipage.
L'Orne, nous l'avons vu plus haut appareille en février 1863 de Bordeaux et, après une escale à Rochefort, se dirige sur Brest.
Le 20 mars 1863, son armement étant terminé, l'Orne quitte Brest pour Saïgon, afin d'assurer la ligne postale Saïgon-Suez.
Puis, le 5 décembre 1863, il appareille de l'île de la Réunion en direction de Singapour.
En avril, juillet et décembre 1864, il effectue des voyages entre Saïgon et la Chine, et le 6 décembre 1864, le navire appareille de Saïgon vers Suez.
Le 12 avril 1866, l'Orne effectue un nouveau voyage de Saïgon vers Suez avec 800 passagers. Puis on le retrouve le 23 janvier 1868 pour une escale à Pointe de Galles (Ceylan), en route pour Saïgon, sous les ordres du capitaine de frégate Bertin.
Le 19 juillet 1868, alors que le navire se trouve en mer, par 6 degrés 57 minutes de latitude sud, et 100 degrés 20 minutes de longitude est, soit environ 750 kilomètres de Jakarta, il est procédé au constat du décès de Julien Napoléon Hiénard, soldat au 3ème régiment d'Infanterie de Marine.
Enfin le 18 novembre de cette même année, l'Orne appareille une dernière fois de Saïgon pour la France, après 5 ans de service dans la division navale de Cochinchine.
Le 16 février 1869, notre bateau arrive à l'île d'Aix, en provenance du Sénégal. De juin 1871 à décembre 1872, il fait office de ponton-prison à l'île d'Aix.
L'Orne entre en armement le 20 septembre 1872, sous le capitaine de vaisseau Vignancourt, nommé commandant du navire à Rochefort. Le lieutenant de vaisseau Gigon embarque au choix du commandant.
Le port de Lorient reçois l'ordre de diriger sur Rochefort un premier commis aux vivres, afin d'embarquer sur le navire, qui recevra en outre un enseigne de vaisseau supplémentaire.
Son service médical sera composé d'un médecin de 1ère classe, un médecin de 2ème classe, et d'un aide-médecin entretenu, Mr Ayme, du port de Toulon, qui a reçu l'ordre de rallier Rochefort.
Le vaisseau est prévu faire ses essais en mer autour du 15 octobre. L'abbé Cléret, aumônier de l'hôpital principal à Toulon, est désigné pour embarquer sur l'Orne. Il y aura également un détachement de 60 militaires de l'Artillerie de Marine destinés à la Nouvelle-Calédonie et au Sénégal, qui ont quitté Lorient le 16 octobre pour Rochefort, et qui rejoindront leur destination par ce voyage.
Le même jour, le navire descend la rivière pour faire des essais de machine, qui s'avèrent satisfaisants, puis il procède en rade des Trousses à la régulation de ses compas.
Un article du 23 octobre donne une liste des passagers prévus embarquer sur le navire.
Début novembre, le médecin de 2ème classe Chevrier embarque sur l'Orne. Ayant terminé l'embarquement de ses 322 déportés le 2 janvier, il fait route vers Brest le lendemain matin, avant le jour, avant d'arriver à Brest le 7 janvier 1873.
Il quittera Brest le 15 janvier de la même année pour effectuer le 5ème convoi de déportés vers la Nouvelle-Calédonie. A son retour, il doit être désarmé.
A partir du 1er janvier 1874, un "service de pourvoyeurs" semblable à celui qui fonctionne sur les transports à destination de la Cochinchine, est mis en place sur les transports qui commenceront le 1er février le service régulier entre Brest, la Nouvelle-Calédonie et Tahiti. C'est l'Orne qui inaugurera ce nouveau service.
Le 20 janvier 1874, le navire entre en armement pour effectuer un transport de forçats vers la Nouvelle-Calédonie le 1er mars. C'est le capitaine de vaisseau O'Neill, du port de Cherbourg qui est désigner pour prendre le commandement du vaisseau. L'aide-commissaire Lesquin, le médecin de 1ère classe Kermorgant, le médecin de 2ème classe Deschamps, l'abbé Quillivic, aumônier de la division de Brest, et l'aide-médecin Pocard-Kerviler embarquent.
Le 11 février, l'armement se poursuit. Un article du 14 février donne une liste de passagers qui doivent se trouver à Brest le 27 du même mois pour embarquer. Un article du 25 février annonce un départ imminent, et donne une liste de passagers.
Le navire quitte Brest le 4 mars 1874, et arrive le lendemain en rade de l'île d'Aix.
Le même jour, la commission médiale, présidée par le capitaine de vaisseau Regreny, major de la Marine, s'est rendue à Saint-Martin-de-Ré afin de visiter les 247 forçats désignés pour le départ . La visite terminée, les prisonniers sont répartis en escouades et attendent leur embarquement qui, à cause du mauvais temps, n'intervient pas avant huit jours. En effet, un article du 11 mars annonce l'embarquement de 265 forçats pour le 13 mars, la visite de la commission le 14, et un départ le 14 ou le 15 mars si le temps le permet.
Finalement, l'embarquement a lieu le 14 puis, après la visite de la commission le lendemain matin, l'Orne doit appareiller le 15 au soir. Sont embarqués comme passagers, 187 militaires et 189 civils, dont 59 femmes et enfants venant de Paris, logés dans la batterie basse. Parmi ces passagers, on compte Marie Kimmenau, qui a embarqué à Rochefort le 15 mars. Avec les 225 membres d'équipage, cela fait un total de 870 personnes à bord. Le départ a effectivement lieu le 15 mars à 17h15 de l'île d'Aix en direction de la Nouvelle-Calédonie.
l'Orne relâche à Palmas (Canaries) pour ravitailler du 24 au 26 mars, puis coupe le tropique le 28, par 22° de longitude Ouest.
A partir du 30, les vents mollissent pendant plusieurs jours et la ligne est coupée le 9 avril.
Le navire mouille à Sainte-Catherine le 26 avril et en repart le 4 mai.
Le 16 juillet l'Orne est à Nouméa qu'il quitte le 12 août, puisqu'il prend en charge, ce matin-là, 155 déportés qui étaient arrivés par l'Alceste, pour les débarquer le soir même à l'île des Pins.
Reparti le 13 août, le 18 au levé du jour, l'île de Biva, une des îles Assua, au Nord-ouest des Fidji, est en vue et, après 12 jours de traversée le navire atteint les Wallis, où L'Orne a mouillé par 47 mètres, fond de sable, environ à égale distance de la pointe sud de Nakuatea et du petit rocher de Nukuakimoa (Sail-Rock), qui ressemble à une pirogue à la voile.
Il vient prendre en charge les membres d'équipage du l'Hermitte qui avait fait naufrage en heurtant les récifs.
Le navire sort le 29 août de la passe des Wallis, avec les 65 derniers membres d'équipage. Ils quittent Wallis en froid avec la reine car "un des médecins a violé des sépultures pour déterrer des crânes". L'Orne passe entre les Fidji et les Tonga, pour se diriger vers Tahiti, où il mouille le 18 septembre, après 18 jours et demi de traversée.
Le navire appareille de Papeete le 1er octobre.
Un article du 9 décembre 1874 mentionne ce départ et donne une liste des passagers pris en charge à Tahiti.
Le navire rencontre une alternance de bon et mauvais temps, et passe au Sud de Diego Ramirez le 29, avant de franchir le Cap Horn le soir même. Il prend alors la direction de Sainte-Hélène, au lieu de relâcher aux Malouines comme l'avait prévu au départ le commandant.
Le temps est assez mauvais, et la mer est couverte de glaçons.
Le 15 novembre, l'Orne est en vue de l'île Tristan Da Cunha et le 25, il jette l'ancre à 10h00 à Sainte-Hélène.
Par la suite, le temps fut très variable jusqu'à Brest, où le navire mouille le 30 décembre 1874, après 30 jour et demi de mer. Il ramène 222 passagers parmi lesquels l'état-major du l'Hermitte et une partie de l'équipage, l'autre partie étant rapatriée par l'Alceste.
De retour à Brest, il subit une visite, afin de savoir s'il pourra effectuer le voyage de Brest à la Nouvelle-Calédonie du 1er mars 1875.
Ce sera le 14ème convoi de déportés, quittant Brest le 1er juin, pour arriver à Nouméa le 22 septembre.
Mi-janvier 1875, sa mise en réserve hors catégorie est imminente, et le navire doit entrer au bassin afin d'être réparé pour être prêt à reprendre la mer le 1er mars. Ses chaudières sont en effet en mauvais état. Son commandant, le capitaine de vaisseau O'Neill passe comme second sur la Vénus.
Le navire entre en armement définitif le 20 avril 1875, en vue d'un voyage le 1er juin, sous les ordres du capitaine de frégate Paul Emile Marie Réveillière, nommé commandant par décision présidentielle du 15 mars.
Il se rendra à l'île d'Aix, pour y embarquer environ 300 forçats à destination de la Nouvelle-Calédonie. Embarquent le lieutenant de vaisseau Périé, l'aide-commissaire Boussier, et le médecin de 1ère classe Vaillant.
Le 20 avril, ce sont les enseignes de vaisseau Schilling, J. Tessier, Mallard de La Varende, Somborn, Imhoff et Espérou. L'aide-médecin Chevrier, du port de Rochefort est désigné pour embarquer sur l'Orne pour ce voyage.
Le 19 mai, le vaisseau a réglé ses compas et fait ses essais de machines sur rade à Brest. Il recevra un convoi de 235 forçats du dépôt de Saint-Martin-de-Ré à destination de la Nouvelle-Calédonie. Ceux-ci seront visités par la commission médicale le 27 mai. L'abbé Habert, aumônier de la division des Equipages de la Flotte à Rochefort, a reçu l'ordre de se rendre immédiatement à Brest pour embarquer sur l'Orne.
Le détachement des 25 hommes du 3ème régiment embarquant seront commandés par Mr Leclerc de Villecellier. Un article du 5 juin 1875 annonce l'arrivée du navire à l'île d'Aix le 2, l'embarquement le 4 de 235 forçats, la visite de la commission médicale le même jour, annonce également son départ prévu le 4, et donne la composition de son état-major et une liste partielle de passagers.
Le départ s'effectue finalement le 5 juin, et l'arrivée à Nouméa le 22 septembre. Pas de précision sur le voyage en lui-même.
Le navire quitte Nouméa entre le 20 et le 25 octobre et aucune précision non plus pour la traversée retour et l'arrivée à Brest.
Le 6 juillet 1876, le navire est placé en réserve de 3ème catégorie.
Mi-juillet 1877, l'Orne entre en armement pour se rendre à Toulon, en vue d'être affecté au service de la Cochinchine. Le capitaine de frégate Artiguenave est nommé commandant du navire.
Le 4 septembre, il arrive à Toulon et doit se rendre à Port-Saïd pour prendre en charge les passagers en provenance de la Cochinchine, et actuellement à bord de la Corrèze. Le médecin de 2ème classe Andrieu, l'aide-médecin Bertrand, et l'aide-pharmacien Boyer embarquent.
Fin juillet 1880, l'armement de l'orne est annoncé pour le 15 août, en vue d'un voyage le 1er octobre dans les colonies de l'Atlantique.
Par décision du 1er août, le capitaine de frégate Barrera est nommé commandant. L'aide-médecin Besson est désigné pour embarquer sur l'Orne. Le lieutenant de vaisseau Bellion, de Rochefort est désigné au choix, et a reçu l'ordre d'être à Toulon pour le 15 août. L'aide-médecin Etournaud, et l'enseigne de vaisseau Nicolay embarquent. Parmi les passagers, il y aura le médecin de 1ère classe Bellamy, qui se rend à la Martinique, le sous-commissaire Gibert, du cadre colonial, en vue de travaux extraordinaire entrepris au Sénégal, une compagnie du premier régiment d'Infanterie de Marine, destinée au Sénégal, le lieutenant Cornuel et le sous-lieutenant Hidard, du 4ème régiment d'Infanterie de Marine, qui se rendant à la Guyane, l'enseigne de vaisseau Vedel, destiné au Magicien à la Martinique. L'Orne embarquera 340 forçats arabes à destination de la Guyane.
Il appareille le 1er octobre 1880, avec 770 passagers à bord, en direction du Sénégal et de les Antilles. Nous n'avons aucune autre précision sur ce voyage.
L'Orne quitte la Martinique le 22 novembre et arrive à Toulon le 27 décembre 1880, avec 270 passagers. Le navire est placé en réserve de 2ème catégorie.
Le 15 juin 1881, le transport à hélice entre en armement, en vue d'effectuer un voyage spécial au Sénégal le 1er août, avec correspondance à Dakar pour le Gabon. Le capitaine de frégate Eugène Victor Rebufat en prend le commandement à Toulon (nommé par décision présidentielle du 18 mai 1881 parue au Journal Officiel du 19 mai). Son collègue de Gailhard a refusé ce commandement. Le lieutenant de vaisseau Herménégilde Léon Huguet embarque comme second. Embarquent également les enseignes de vaisseau Lemaire, Gourjon du Lac (il permute ensuite avec son collègue Sénès) et Bérard, l'aide-commissaire Marestant, le médecin de 1ère classe Moulard, l'aide-médecin Barrau. Prendront passage sur l'Orne, le capitaine d'Infanterie de Marine Loëw pour se rendre au Sénégal, le sous-commissaire Huard-Lanoiraix, nommé ordinateur au Gabon, un détachement de 7 canonniers de la 3ème compagnie d'ouvriers pour se rendre au Sénégal, un détachement de 50 fusiliers disciplinaires des colonies à destination du Sénégal, l'aide-médecin auxiliaire Bron qui se rende au Sénégal.
Le 7 septembre, alors qu'il vient d'arriver à Dakar avec 300 passagers, il est renvoyé en France, à cause d'une épidémie de fièvre jaune qui sévit au Sénégal, et dans le but de ne pas l'alimenter.
De retour à Toulon le 17 septembre, il doit est placé en réserve de 2ème catégorie et désarmé.
Mais le 8 octobre, il est annoncé arriver en provenance de Sousse (Tunisie), et qu'il va se rendre à Marseille pour apporter des vivres à la Sarthe.
Le 15 octobre 1881 est annoncé le départ de l'Orne pour la Guyane et les Antilles le 15 décembre. L'enseigne de vaisseau Lallemand de Driessen embarque.
L'orne arrive à Toulon le 24 octobre 1881.
Il appareille comme prévu le 15 décembre à destination de la Guyane et des Antilles afin d'y emmener une centaine de prisonniers, puis reviendra par la Martinique et la Guadeloupe pour ramener en métropole du personnel et du matériel.
Le 20 décembre, le navire franchit le détroit de Gibraltar. Par la suite aucune mention du navire quant à ce voyage, sauf pour dire qu'il est parti le 16 février pour la Guadeloupe et Toulon, avec de nombreux passagers, dont le garde d'Artillerie Dupuy et sa famille.
Le 19 février il quitte Basse-Terre pour Toulon, ramenant 312 passagers, dont 48 convalescents.
Il relâche à Mers-el-Kébir le 22 mars et en est reparti le soir même, pour arriver à Toulon le 26, avec 301 passagers.
Le 11 mars 1882 est annoncé le départ de l'Orne le 1er mai pour le Sénégal, voyage confirmé le 15 avril.
Le navire quitte Toulon le 1er mai au soir avec de nombreux passagers, en direction du Sénégal.
Arrivé à Dakar le 17 mai avec à son bord le capitaine de frégate d'Estienne, il en repart le 24, avec à son bord le capitaine de frégate Jacquemart, ex-commandant du 2ème arrondissement, sa femme et sa fille.
De retour à Toulon, le lieutenant de vaisseau Bled, les enseignes de vaisseau Lallemand de Driessen, Sénès, Lemaire débarquent et regagnent Brest, leur port d'attache, l'aide-médecin Chataing et l'aide-médecin auxiliaire Carpot, provenant du Sénégal, débarquent également.
Par décision du 26 juin 1882, le capitaine de frégate A. P. Blanc est nommé commandant de l'Orne à Toulon.
Début juillet, le lieutenant de vaisseau Andrieu, de Brest, se rend à Toulon pour embarquer au choix sur le navire.
En juillet, le vaisseau fait partie de la liste des navires qui doivent être affectés au transport de troupes en l'Egypte. A cet effet, il entre en armement définitif le 18 août.
Le médecin de 2ème classe Romanowski embarque. Un détachement de 21 sous-officiers et canonniers de la 15ème batterie d'Artillerie de Marine se rendra à la Martinique par l'Orne, dont le départ est prévu le 15 septembre.
Le 15 septembre 1882, il appareille de nouveau de Toulon, mais cette fois-ci pour Cayenne, la Martinique et la Guadeloupe.
Un article du 16 septembre confirme le départ et donne une petite liste de passagers, en plus du chef de bataillon d'Infanterie de Marine Monziols, qui se rend à la Martinique.
Du 15 au 21 octobre 1882 l'Orne débarque des forçats à Cayenne et embarque 150 soldats pour leur retour en France. Il arrive à Fort-de-France le 26 octobre, pour une escale jusqu'au 6 novembre, jour où il appareille pour la Guadeloupe.
Le 7 novembre 1882, il débarque des disciplinaires provenant de France aux îles Saintes, avant de se mettre au mouillage devant Basse-Terre.
Le 9 novembre le navire quitte la Guadeloupe pour Toulon, où il arrive le 12 décembre, et est placé en réserve de 1ère catégorie le 24.
Fin décembre, les enseignes de vaisseau Bonnet, Provensal et Vidal débarquent. Le médecin de 1ère classe Jacquemin passe de l'Aveyron sur l'Orne.
L'Orne entre en armement définitif le 1er mars 1883, pour un voyage le 1er avril à la Guyane et aux Antilles. Embarquent les enseignes de vaisseau de Dompierre d'Hornoy, Barnouin, Caron, et le médecin de 1ère classe Roux, le médecin de 2ème classe Gouzer. Le médecin principal de 2ème classe Passo débarque. Le médecin de 1ère classe Ségard remplace son homologue Cauvin. Prennent passage sur le navire, messieurs Lestrille, inspecteur primaire à la Martinique, Manisse, surveillant général au lycée de Saint-Pierre, Remaux, professeur, et Bouchier, maître répétiteur au lycée de Pointe-à-Pitre, l'aide-médecin Lamy, destiné à remplacer son collègue Rousseau sur le Rigault de Genouilly aux Antilles.
Le navire arrive à Fort-de-France le 9 mai 1883.
Le 22 mai 1883, l'Orne quitte la Guadeloupe pour Toulon.
Etienne Peroz, qui deviendra lieutenant colonel raconte ce voyage : En mai 1883, la frégate l'Orne, qui faisait la tournée des Antilles, me prit à son bord. C'était un vieux bateau dont les membrures craquaient à inquiéter le marin le plus insouciant, lorsqu'une brise un peu fraîche gonflait les voiles et pesait sur la mâture. Jamais on ne le chargeait de toute sa toile, même lorsque soufflait un vent modéré, car le commandant craignait que son gréement ne vînt s'abîmer sur le pont. Suivant les préceptes de la navigation à voile dans ces parages, nous allâmes chercher les alizés à hauteur des Bermudes ; là. nous fûmes assaillis par une tempête du sud-ouest qui nous obligea à fuir bien loin de notre route, jusqu'à hauteur de la Manche. Nous avions essayé, le premier jour, de tenir à la cape contre le mauvais temps ; mais chaque paquet de mer qui déferlait contre les flancs du navire en faisait tressaillir toutes les œuvres et menaçait d'achever de le disloquer. Après les péripéties nautiques coutumières, nous arrivâmes enfin à Toulon, complètement déprimés par cette traversée de soixante jours ; sauf au passage de Gibraltar, nous avions à peine, quelquefois, reconnu une côte dans la grisaille estompée de vagues lointains. C'est ainsi, il y a un quart de siècle, que la marine française utilisait son matériel démodé pour transporter ses troupes aux Antilles ou pour les ramener en France. Elle consacrait cent trente-quatre jours à cette double traversée, ce pendant que les paquebots des compagnies subventionnées exécutaient le même parcours en moins de trente.
Le 26 juin il fait relâche à Mers-el-Kébir, pour faire du charbon, et arrive à Toulon le 30 juin. Le capitaine de frégate Blanc quitte le commandement du navire fin juillet. Débarquent les enseignes de vaisseau Barnouin, Caron, Lignon (ces deux derniers embarquent sur la Garonne), le médecin de 1ère classe Ségard, le médecin de 2ème classe Gouzer, l'aide-médecin Gervais.
En juillet 1884, l'Orne est en réserve à Toulon. Début décembre les réparations du navire sont poussées activement. Le 9 décembre 1884, est annoncé l'armement du navire le 15 janvier 1885, pour effectuer un voyage à la Guyane et aux Antilles. Le capitaine de vaisseau Scias, du port de Rochefort, nommé commandant, reçois l'ordre d'être rendu à Toulon pour le 15 janvier. L'enseigne de vaisseau Burel embarque au choix.
Le 19 août 1886, venant de Lorient, arrivent à Toulon deux détachements d'Artillerie de Marine de 32 et 36 hommes. Il sont destinés à la Guyane, et doivent quitter Toulon à bord de l'Orne, avec 484 prisonniers.
Le 17 août, un article mentionne une rixe entre des prisonniers qui avaient été internés quelques jours avant au fort Lamalgue, avant leur embarquement sur le navire.
Le navire quitte Toulon le 20 août à 3h00, avec 754 passager, dont 460 condamnés, et 200 hommes d'équipage, mais fait demi-tour sur rade à 7h00, peut-être suite à une révolte parmi les condamnés. Il semble que ce soit le le premier et le seul fait connu de rébellion à bord d'un convoi de transportés.
Le navire arrive à la Martinique le 5 octobre 1886, où il débarque les troupes destinées à la Guadeloupe, île où règne alors une maladie épidémique.
Jean-Baptiste Choisy, artilleur de Marine, qui effectua une période à la Martinique du 5 octobre 1886 au 23 août 1888, fera le voyager aller, comme le retour, sur ce navire.
L'Orne appareille le 25 mars 1887 de Toulon, embarquent 16 officiers d'Infanterie et d'Artillerie de Marine, 10 gendarmes, 12 surveillants militaires, 280 sous-officiers et soldats d'Infanterie de Marien destinés à la Guyane, 8 artilleurs de Marine destinés à la Guadeloupe, 4 sœurs de l'ordre de Saint-Joseph de Cluny destinées à la Martinique, 130 forçats français, 145 forçats arabes, et 120 forçats annamites.
Le 29 mars le navire passe Gibraltar, et est à Santa Cruz (Canaries) le 4 avril pour y faire du charbon, repartant le 5. Le 10 avril il passe les Tropiques et est en vue du Connétable le 21 avril.
Le lendemain sont débarqués aux îles du Salut, 1 français, 1 annamite et 3 arabes.
Le 1er juillet 1888, l'Orne quitte Toulon avec un nouveau convoi de 500 forçats. Après une escale à Alger pour prendre en charge des prisonniers, le navire mouille aux îles de Salut le 1er août pour le débarquement des transportés, et est à la Martinique le 25 août.
Alors que le navire se trouvait en rade de Ténériffe, six bagnards, qui avaient réussi à sortir de leur cage furent signalés par les vigies. Deux d'entre eux furent tués par les factionnaires de service. Les quatres autres furent mis en cellule avant leur jugement. Leurs compagnons firent preuve d'une certaine effervescence suite à cela. Les gardiens firent les sommations habituelles avant de faire usage de leurs armes. Cela ramena aussiôt le calme parmi les transportés.
Le navire est de retour en rade de Toulon le 27 septembre. Il est commandé par le capitaine de frégate Magnon-Pujot, avec 217 hommes d'équipage, ramenant 329 passagers civils et militaires.
L'Orne appareille de Toulon le 20 janvier 1889, comme le relate le journal la Charente du 24 janvier, à destination de Cayenne, où il arrive le 24 février.
Puis le 12 octobre 1889, il effectue un voyage à Madagascar et à La Réunion.
Par la suite, il est en réparations d'après la Charente du 24 mars 1890.
Ensuite, le 15 août 1890 à Toulon, il embarque un nouveau contingent de forçats et relégués, à destination de la Guyane. Comme le mentionne la Charente du 17 août 1890, le navire est sous les ordres du commandant Collin, comptant 207 membres d'équipage et 566 passagers.
Il devait appareiller le 17 août à 15h00, avec escale à Alger, avant de gagner la Guyane.
Le 20 novembre 1890, l'Orne retourne sur Rochefort, où il est désarmé, avant d'être démoli en 1891.
L'Orne, qui a servi de ponton-prison à Rochefort comme nous l'avons vu plus haut, a été aménagé pour recevoir les déportés. La batterie haute était composée de 2 cages, l'une à tribord pour 100 déportés et l'une à babord pour 80 déportés, respectivement de 199 et 144 mètres cubes, et sitées entre le poste d'équipage à l'avant et le carré des officiers à l'arrière du navire.
La batterie basse est composée de deux grandes cages, de 252 et 200 mètres cubes, contenant 200 prisonniers à tribord, et cent soixante à babord. Il fallut en plus aménager une cage spéciale pour recevoir les prisonnières.
L'Orne est à cette époque sous les ordres du capitaine de frégate Vignancourt, secondé par le lieutenant de vaisseau Le Gigant, avec un personnel composé de sept enseignes de vaisseau, un commissaire officier d'administration, un chirurgien major en la personne du major Cornivet, un médecin en second, en la personne de Nicolas-Paul Aymé, et un aumônier pour l'état-major, auxquels s'ajoute un maître de manœuvre, un maître mécanicien, un capitaine d'armes et onze seconds-maîtres pour la maistrance, et quatorze quartiers-maîtres, cent trente-huit matelots, vingt-six apprentis-marins, et un clairon pour l'équipage. Ceci nous donne un total de 205 membres d'équipage au total.
Lors de ses escales à Rochefort et Brest, le navire embarque quinze émigrants, vingt femmes, dont huit épouses de gardiens et 29 enfants, au titre des passagers libres. Embarquent en plus de ces derniers, deux religieuses de l'ordre de Saint-Joseph-de-Cluny destinées à la surveillance des pénitenciers féminins, dix-neuf surveillants de l'Administration Pénitentiaire, ainsi que soixante-treize artilleurs rejoignant leur poste en Nouvelle-Calédonie ou à Tahiti.
Le 1er janvier 1873, 207 déportés en provenance de Saint-Martin-de-Ré prennent place à bord des canots à destination de La Comète, aviso assurant le transfert entre les forts et les navires depuis le début de la déportation. La mer étant trop mauvaise, ils passent la nuit à bord de La Comète et embarque à bord de l'Orne le 2 janvier.
Ils y retrouvent des prisonniers, à bord depuis fin novembre 1872, et provenant du fort des Saumonards pour 61 d'entre eux, et du château d'Oléron pour 54 d'entre eux. Un article du 4 janvier 1873 donne ce chiffre de 322 déportés, ainsi que la composition de l'état-major du navire.
Le 3 janvier, le navire quitte l'île d'Aix en direction de Quiberon, où il arrive le 4. Le 5 janvier, le commandant passe en revue les déportés, parmi lesquels circulent les bruits les plus fous, dont celui que la population de Brest se serait soulevée et voudrait délivrer les prisonniers. Une réparation effectuée sur ses bidons à eau, l'Orne repart de Quiberon pour Brest, port où il mouille en rade le 7, avant de venir s'amarrer à un "corps mort" en face de l'ancien bagne. Quelques lettres sont distribuées et les "bruits de coursives" reprennent, annonçant l'amnistie pour dans 15 jours.
Tous les matins, l'aide-major procède à une visite sanitaire, faisant procéder à un arrachage de dents qui va prendre des proportions considérables. Le préfet Maritime effectue une visite aux déportés à bord, acceptant de débloquer certaines sommes sur les comptes personnels des déportés afin qu'ils puissent faire quelques achats dans les boutiques que des cantinières, puis des marchandes, vont installer sur le pont. Pendant la nuit un prisonnier tente de se suicider par pendaison. Les gardiens deviennent de plus en plus nerveux et menacent tout le monde de les mettre "aux fers".
Le 9 janvier, alors que du savon pour laver le linge est distribué, les bruits continuent à courir, annonçant le désarment du navire et le placement des déportés aux îles Sainte Marguerite en attente d'un nouveau bâtiment. La tension à bord monte encore d'un cran, et les gardiens sont alors autorisés à utiliser leurs armes pour ramener au calme les excités. Le 10 du charbon est embarqué et une nouvelle brigade de gardiens arrive en renfort. Ces derniers, provenant du bagne de Toulon, n'ont pas pour réputation d'être des tendres ! Le prisonnier qui avait tenté de se pendre est devenu fou, et un matelot qui manifestait un peu trop sa sympathie envers les Communards est expédié "aux fers" à fond de cale.
Le 11 janvier on embarque 24 femmes, destinées au pénitencier de Bourail, condamnées "de droit commun", parmi lesquelles se trouve la "bagnarde" de la Commune Adèle Rogissart. Elles non plus ne sont pas des anges, puisque l'une d'entre elles a été jugée aux Assises pour infanticide. Au cours de la nuit, une femme de gardien se croyant agressée ameute tout le monde en criant "au secours" !
Le 12 janvier, par beau temps, les marchandes montent à bord, et la plupart des déportés se plaignent de leurs pratiques commerciales.
Le 13 janvier l'Orne se trouve sous le fort de Quélern et embarque 218 condamnés supplémentaires le lendemain. Parmi eux se trouve Théodore Ozeré. Condamné le 13 juin 1872 par le 6ème conseil de Guerre à la déportation simple, qui embarque donc le 14 janvier 1873. Libre-penseur et révolutionnaire, ainsi qualifié dans son dossier de demande de grâce, il laissera un témoignage peu exploité, par le biais des lettres qu'il adressa à sa femme et ses filles (Carnets et lettres d'un déporté de la Commune à l'île des Pin, 1871-1879, par Théophile Ozeré, Publications de la Société d'études Historiques de Nouvelle-Calédonie n° 50, 1993). Pendant le transfert du fort de Quélern sur l'Orne, à bord d'une canonnière, il témoigne ainsi : "Le cri de Vive la Commune ! fut poussé d'une voix unanime. Ce cri fut notre adieu à la France, l'écho le répétera sans doute pour ceux qui ne reviendront pas... Arrivés près de l'Orne, vu, par des sabords grillés, des camarades de Rochefort...; saluts amicaux. Montée sur le pont et appel nominal avec descente dans la batterie basse par plats, c'est à dire par dix. Installation par tribord de la batterie".
Le nombre des prisonniers embarqués se monte maintenant à 540. Le 15 janvier les dernières lettres sont expédiées.
Le 16 janvier 1873, à 10h00, le foc et la trinquette sont hissés et à 10h30 précises l'Orne passe le goulet, commençant le "grand voyage". Certaines sources donnent le 15 janvier à 10h00, comme date de départ.
Parmi les 540 déportés de ce cinquième convoi, il y avait un certain Achille Ballière qui, dans ses souvenirs a noté au jour le jour les événements et la vie à bord, relevant tous les points effectués par les officiers de quart. Bien que comportant des erreurs, ce récit permet de se faire une idée assez précise de la vie des déportés lors de ce voyage.