Calvados parti le 18 mai 1873 et arrivé le 28 septembre 1873
133 hommes condamnés à la déportation en enceinte fortifiée
Matricules 603 à 735
426 hommes condamnés à la déportation simple
Matricules 2.025 à 2.450
Calvados Parti 2 Septembre 1874 et arrivé le 18 Janvier 1875
20 hommes condamnés à la déportation en enceinte fortifiée
Matricules 838 à 857
39 hommes condamnés à la déportation simple
Matricules 2.919 à 2.957
247 hommes condamnés aux travaux forcés
Matricules 6.684 à 6.930
Le Calvados était un navire trois-mâts à coque en bois. Sa capacité était de 400 passagers et 352 chevaux, répartis entre le Spardeck (92), le faux-pont (174), et la cale (96).
Les chevaux étaient "logés" dans deux des faux-ponts, et disposaient chacun de 60cm de largeur d'espace vital.
C'est un bateau construit par les chantiers navals de Lorient, où il fut mis sur cale le 26 avril 1856, avant d'être lancé le 14 août 1858.
Il fut en service du 23 avril 1859 jusqu'à ce qu'il soit rayé des listes le 5 juin 1886.
Ses dimensions étaient de 79,40 x 12,92 (14,92 hors bouteilles) x 4,72 mètres. Transport à voile et à vapeur, il jaugeait 2750 tonneaux, et pouvait filer à une vitesse de 9,8 nœuds, propulsé par une machine de 804 à 1074 chevaux qui nécessitait 250 tonnes de charbon.
La voilure était de 1919 à 1985m², son grand mat mesurant 25 à 30 mètres.
Son équipage était composé de 7 officiers et 258 hommes d'équipage.
Le navire était armé de 4 canons de 12cm, d'1 canon de 4 de montagne pour les embarcations.
Le Calvados quitte Lorient le 25 avril 1859, affecté à des missions de transports en Méditerranée.
Il appareille de Toulon le 9 décembre 1859, avec 775 passagers, à destination de Singapour.
On le retrouve ensuite en escale au Cap, le 1er mars 1860, puis en escale à Singapour du 16 au 22 avril 1860, avant de prendre la route de la Chine.
Le navire, alors sous les ordres du capitaine de frégate Riche, est au mouillage de Chusan le 27 décembre 1860, puisqu'il est enregistré le décès la veille à 18h00, de Pierre Marie Busson, originaire de Credin, dans le Morbihan, inscrit sur le rôle d'équipage sous le numéro 53639, en qualité de matelot de 3ème classe. Selon cet acte de décès, la Calvados est encore au mouillage en Chine, le 3 janvier 1861.
Le 31 décembre 1860 est enregistré, entre Taïwan et Hong-Kong, un nouveau décès. Celui de Louis François Franque, né et demeurant à Ardres (62) avant son embarquement, enregistré sur le rôle d'équipage sous le n° 7343, en qualité de sapeur à la 21ème compagnie du 3ème régiment d'Infanterie de Marine.
Le 10 novembre 1862, le navire quitte Aden, puis on le retrouve à Saint-Denis à la Réunion le 11 décembre 1862, avant son retour sur la métropole, à Cherbourg, le 12 mars 1863, date à laquelle il est désarmé.
Le Calvados est réarmé en 1866 et part pour le Mexique l'année suivante. Le rapatriement du corps expéditionnaire du Mexique nécessitant l'envoi à la Vera-Cruz de neuf vaisseaux et de vingt-quatre transports, destinés à ramener en France un matériel considérable et un personnel d'environ 25000 hommes, le Calvados appareille de Lorient le 5 janvier 1867, sous les ordres du capitaine de frégate SERVAL.
Le 7 janvier, il est pris dans un fort coup de vent, sans subir d'avaries. La traversée de l'Atlantique se passe bien et le navire passe par le canal d'Antigoa, pour arriver le 26 février 1867 au Mexique pour sa mission d'évacuation de troupes.
Il appareille le 26 février 1867 à destination d'Alger, faisant route à la vapeur dans le golfe du Mexique en passant en dehors du banc de Campêche. Il avait embarqué 860 hommes (1 officier supérieur, 30 officiers subalternes et 829 hommes de troupe) et 12 chevaux.
Le 4 mars il est dans le canal de Floride avant la traversée de l'Atlantique.
Le 28 mars il est dans le détroit de Gibraltar, après 23 jours de mer et il arrive à Alger le 30 juin, après une traversée de 32 jours au total. Il regagne ensuite Cherbourg le 1er juillet 1867 et il est à nouveau désarmé.
Il est affecté au service des pénitenciers à Cherbourg et sert de prison-ponton du 29 mai au 13 juillet 1871, et sera remplacé par le Rhône, pour assurer le transport des déportés. Ses installations sont modifiées pour le transformer en transport à hélice 2ème catégorie.
En mars 1873, embarquent sur le Calvados les enseignes de vaisseau Jan, Languet, Archimbaud, l'aide-commissaire Griffon, et le premier commis aux vivre Janvret est dirigé sur Cherbourg pour y embarquer sur le navire.
Une décision du 21 mars désigne le capitaine de frégate Vial comme commandant du transport à hélice le Calvados à Cherbourg, alors que le navire est en armement pour la Nouvelle-Calédonie. Il doit se rendre à Brest pour y embarquer un convoi de déportés à destination de l'île des Pins.
Début avril, c'est au tour du lieutenant de vaisseau de Marguerye d'embarquer, au choix du commandant. Embarquent également les enseignes de vaisseau Baëhme, Le Guen et Richard-Foy, et l'enseigne de vaisseau Jan permute avec l'enseigne de vaisseau Gouin, du Suffren.
Le 9 avril, le navire est toujours en armement à Cherbourg, en prévision d'un voyage en Nouvelle-Calédonie et à Tahiti avec retour prévu à Brest.
Le 12 avril, il est attendu à Brest, pour faire route vers le 1er mai, après avoir embarqué 370 déportés à Brest et 210 à l'île d'Aix.
Le 14 avril le Calvados quitte Cherbourg en direction de Brest, où il est au mouillage sur rade le 15.
Le 30 avril, on annonce à Rochefort que le navire est attendu de Brest pour la mi-mai.
Le 10 mai 1873, il quitte Brest pour l'île d'Aix, avant de prendre la direction de Nouméa et Tahiti pour le 6ème convoi de déportés. Il est de retour à Brest le 25 mars 1874.
Début avril 1874, il doit être désarmé, puis placé en réserve de 2ème catégorie, et doit être mis en carénage.
Mais le 15 avril, il est maintenu en armement définitif dans le port et placé en réserve de 1ère catégorie.
Le 10 mai, il est placé en réserve de 2ème catégorie.
En juillet, on annonce son prochain passage de la réserve à l'armement définitif le 20 juillet, en vue d'effectuer le voyage régulier en Nouvelle-Calédonie et à Tahiti, avec départ prévu le 1er septembre au départ de Brest et quelques jours après de la rade de l'île d'Aix.
Une décision du 4 juillet nomme le capitaine de frégate Alfred Olivier Benjamin Hanès commandant du Calvados.
Le 20 juillet embarquent le lieutenant de vaisseau Carpentin, les enseignes de vaisseau Boyer, Bauguel, Ferrus, Salaun-Kertanguy, et le médecin de 1ère classe Olméta.
Fin juillet c'est l'aide-commissaire Chambert qui embarque, et le 1er août l'enseigne de vaisseau Ferrus permute avec son collègue G. Carré, du Champlain.
Le 12 août, on annonce que le Calvados recevra à Brest un convoi de 70 déportés arabes, et à l'île d'Aix, un détachement de 25 à 30 disciplinaires coloniaux, ces derniers étant destinés au Sénégal.
Le 2 septembre à 8h00, le navire quitte Brest pour l'île d'Aix, d'où il appareille le 5 septembre à 18h15 en direction de Dakar, avant la Nouvelle-Calédonie et Tahiti.
Un article donne la composition de son état-major. ce sera le 11ème convoi de déportés.
Par décision du 31 décembre 1874, une médaille est attribuée au quartier-maître de manœuvre du quartier de Quimper F. M. Bigourdin, pour avoir dans les premiers jours de septembre 1874, sauvé un matelot du transport le Calvados, tombé à la mer en rade de l'île d'Aix.
En décembre 1875, la mise en réserve prochaine du navire est annoncée.
Par la suite, pendant plusieurs années, on ne trouve aucune mention du navire dans les Tablettes des Deux Charentes.
Fin janvier 1879, le désarmement du Calvados est annoncé, mais aussi, ce qui est contradictoire, son prochain départ du 12 au 15 février pour la Nouvelle-Calédonie, pour ne pas faire attendre les graciés de la Commune.
Le commandant du navire est le capitaine de frégate Gaude, de Lorient, et le navire est en armement depuis le 27 janvier, en vue d'aller chercher en Nouvelle-Calédonie les communards graciés. Les enseignes de vaisseau de Rulhière, Maudet, de Marolles et Noël, ainsi que l'aide-commissaire Adelus, le médecin de 1ère classe Brindejonc de Trégiodé et le médecin de 2ème classe Oizan, embarquent à bord du navire. Embarque également, au choix, l'enseigne de vaisseau Simon.
Le Calvados appareille de Brest le 23 février 1879, et sera de retour en octobre 1879.
Le 7 novembre, il est placé en réserve de 2ème catégorie. Fin décembre il doit être désarmé et remis aux Directions, ce qui est fait le 28 janvier 1880.
En septembre 1880, le Calvados est affecté au service de l'Atlantique et est aménagé pour le service des colonies de l'Atlantique, pour effectuer des voyages à la Guyane et aux Antilles du 15 septembre 1881 au 1er avril 1882.
Il est prévu également qu'il fasse le voyage du 1er août 1882 et celui de la Guyane et des Antilles du 15 décembre 1882.
En juin 1881, le navire est prévu être armé à Toulon pour un voyage aux Antilles le 15 septembre.
Une décision présidentielle du 17 juillet, parue au Journal Officiel du 20 juillet 1881, nomme le capitaine de frégate Gailhard au commandement du transport à vapeur le Calvados à Toulon.
Une autre décision présidentielle du 22 juillet nomme le capitaine de frégate Charpy au commandement du navire. Le 17 septembre est annoncé son désarmement à son retour des Antilles.
Le 15 septembre 1881 le Calvados appareille de Toulon, et franchit le détroit de Gibraltar le 20 en direction des Antilles.
Parti le 15 novembre 1881 de la Guadeloupe, il mouille dans la nuit du 17 au 18 décembre en rade de Toulon. Il ramène comme passagers, 1 officier supérieur, 9 officiers subalternes, 612 militaires, 16 marins, 32 annamites et sénégalais, 43 civils, 40 malades, 1 femme d'officier et 13 prisonniers. Il est ensuite désarmé et placé en réserve de 1ère catégorie.
Le 2 avril 1882 quitte Toulon avec 456 passagers à bord, pour un voyage aux Antilles. Il est de retour à Toulon le 2 juillet, ramenant 325 passagers civils et militaires et est désarmé.
Le lieutenant de vaisseau Ventre débarque et l'enseigne de vaisseau Ricquer embarque.
Le 1er août, il quitte de nouveau Toulon, mais cette fois pour le Sénégal, emportant certains passagers.
De retour le 25 septembre, il reste armé, avec effectif réduit, en prévision du voyage à la Guyane et aux Antilles du 15 décembre. Son commandant, le capitaine de frégate Hanet-Clery débarque.
Le 5 octobre il passe à l'état d'armement avec effectif réduit, et le médecin de 2ème classe Borel embarque, provenant de l'Aveyron. Mi-octobre, c'est au tour du médecin de 1ère classe Pascalis, qui passe du Vengeur au Calvados, et l'enseigne de vaisseau Lannoy embarque aussi, mais il permute quelques jours après avec l'enseigne de vaisseau Meunier, du Trident. Puis c'est l'aide-médecin Moussoir qui embarque.
Le navire quitte Toulon le 15 décembre à 11h38. Il quitte Basse-Terre à la Guadeloupe le 2 février 1883 pour Toulon.
Il passe le détroit de Gibraltar le 9 mars, puis fait relâche à Tarifa, en Espagne, pour y faire du charbon. De retour à Toulon, l'enseigne de vaisseau Monvert débarque du navire.
Le Calvados est prévu faire un voyage au Sénégal, le 1er mai 1883, avec relâche à Mers-el-Kébir, en Algérie, pour y prendre du matériel et des chevaux.
Mais le 28 mars, un article annonce que c'est la Garonne qui effectuera ce voyage, avec l'état-major du Calvados, qui passe en réserve de 2ème catégorie.
Début avril débarquent le médecin de 1ère classe Pascalis, le médecin de 2ème classe Pethellaz, et l'aide-médecin Moussoir. Puis ce sont les lieutenants de vaisseau Vuillaume, Meunier, et enseignes de vaisseau Duvauroux, Carré, et Darrieus. Le capitaine de frégate Duhil de Benazé débarque également, pour prendre le commandement de la Garonne avec comme second le lieutenant de vaisseau Vuillaume.
Le 15 juin, le navire est placé en 3ème catégorie de réserve.
Début août, le port de Toulon a reçu l'ordre de désarmer le Calvados et le remettre aux Directions.
Il est désarmé le 9 août 1883.
Enfin le 5 juin 1886 le Calvados est rayé des listes de la Flotte, puis détruit en 1887.