Rhin Parti en Janvier 1872 et arrivé le 10 mai 1872
293 hommes condamnés aux travaux forcés
Matricules 3.336 à 3.628
Rhin Parti en Janvier 1873 et arrivé en Avril 1873
414hommes condamnés aux travaux forcés
Matricules 4.210 à 4.623
Rhin Parti en Septembre 1875 et arrivé en Janvier 1876
2 hommes condamnés à la déportation en enceinte fortifiée
Matricules 878 à 879
17 hommes condamnés à la déportation simple
Matricules 3.015 à 3.031
268 hommes condamnés aux travaux forcés
Matricules 7.643 à 7.910
Le Rhin était un navire de transport de type trois-mâts à hélice, de la classe "Isère", dite série des 1200 tonneaux.
Sa coque était de fer et bois, selon les plans de Le Bouleur de Courtray.
On appelait aussi ce type de navire "corvette-transport" ou "transport à batterie".
La classe Isère comprenait des navires aux dimensions de 73 mètres 32, par 12 mètres 90, par 7 mètres 47 (c), par 5 mètres 08 (tem), jaugeant 950 à 1200 tonneaux, pour un tonnage de 2685 à 2950 tonnes.
Leur vitesse était de 7,5 à 9 nœuds en propulsion à vapeur, et de 11 nœuds en propulsion voile et vapeur combinées. L'effectif était de 153 hommes. la propulsion se faisait au moyen d'une hélice avec puits, et une machine à vapeur de type Mazeline ou Indret (Marne) de 150 à 163 chn, soit 363 chevaux, nécessitant 160 à 175 tonnes de charbon. Quant à la voilure, elle était de 1930 m², pour une autonomie de 2000 milles nautiques à 9 nœuds.
L'armement d'origine prévu était de 4 x 12 canons NR3 ou canons obusiers.
Le Rhin est issu des chantiers navals de Rochefort.
Sur cale en octobre 1854, le navire est lancé le 31 août 1855, et fut en service de novembre 1855 au 5 juin 1886, date à laquelle il est rayé des tablettes de la Marine.
En 1855, le Rhin effectue plusieurs voyages au départ de Toulon, vers la Crimée et à Milo, sous les ordres du capitaine de frégate de Valmont.
En 1859, il effectue de nombreuses traversées entre la France, l'Italie et l'Algérie. Le 1er avril 1859, il est procédé, à Toulon, à l'installation de stalles, et le 27 avril 1859 le navire effectue le transport de batteries d'artillerie au départ de Marseille, et à destination de Gênes.
Le 8 décembre 1859, le Rhin appareille de Toulon pour la Chine, avec 109 passagers à son bord.
Le 12 février 1860 il appareille du Cap, et effectue une escale à Singapour, en compagnie du Rhône, du 12 au 16 avril, avant d'arriver, toujours en compagnie du Rhône, le 29 avril à Saïgon.
Le 11 février 1862 il appareille de Saïgon, à destination de la France. Il arrive à Saint-Denis de la Réunion le 28 mai, et à Rochefort le 5 septembre 1862.
Le 6 octobre 1862, il appareille de ce port pour Lisbonne et Alexandrie.
Fin 1862, il est procédé à Toulon au montage de chaudières neuves.
En août 1863, le Rhin quitte Toulon pour les mers du sud et le Mexique.
Du 3 au 4 février 1865, alors qu'il fait nuit et que le navire se trouve au mouillage en rade de Mazatlán, un violent coup de vent le pousse sur les rochers de l'île de Trestin. Gravement endommagé, le navire est remorqué sur San Francisco par la frégate la Victoire. Il quitte Mazatlá le 10 mars 1865 et arrive à San Francisco le 16 ou le 22 avril. Le 23 avril, il est pris en remorque par un bateau à vapeur américain, afin d'être dirigé sur l'arsenal de Martland, distant de 22 milles.
Le 26 décembre 1865, le Rhin fait une escale à Panama, où il décharge ses blessés les plus graves, afin que ceux-ci puissent rejoindre le Rolland qui se trouve à Colon, et repart pour la France, en descendant vers le cap Horn.
En janvier 1867, il fait escale à Callao (Pérou), puis à Valparaiso (Chili) en mars, enfin escale à Rio de Janeiro du 3 au 9 mai, avant de regagner Toulon le 27 juin. Il débarque ses machines et ses chaudières. Il semble cependant qu'il soit placé en quarantaine. En effet, une lettre datée du 3 juillet 1867, de Monsieur de Saint-André, adressée à l'enseigne de vaisseau Paul Dechaulide "à bord du Rhin", mentionne cet isolement : Je vous remercie de votre aimable lettre qui, je l'espère n'est point l'indice d'une longue quarantaine.
Le 23 février 1869, le Rhin appareille de Toulon à destination de Brest, sous les ordres du capitaine de corvette Ducouron-Lagoujine. Il arrive à Brest le 15 avril, et est désarmé et est placé en cale sèche afin de recevoir la machine et les chaudières de l'Allier.
En décembre 1871, le navire appareille le 15 décembre de Brest vers Toulon, sous le commandement du capitaine de frégate Bonamy de Villemereuil, afin d'y recevoir un convoi de forçats. Le navire embarque également 2 compagnies d'Infanterie de marine (les 5ème et 7ème compagnies du 3ème régiment).
Il quitte Toulon le 31 janvier 1872 pour la Nouvelle-Calédonie, et emprunte le canal de Suez à l'aller. Il mouille en rade de Nouméa le 9 mai, après 105 jours de mer.
Parti dans les premiers jours de juin, il emprunte le cap Horn au retour. Il arrive à Rochefort le 22 septembre ramenant 203 passagers. Un article du 25 septembre en donne une liste partielle, et la liste de l'état-major du bâtiment, précisant qu'il va être vérifié et mis en état d'entreprendre un nouveau voyage à Nouméa (peut-être dans le courant du mois de novembre). Le navire reste armé en vue d'un nouveau voyage annoncé en décembre, et entre au bassin à Brest le 16 octobre pour réparations.
Le 27 décembre 1872, le Rhin descend la rivière et se dirige sur Toulon, pour embarquer des forçats à destination de la Nouvelle-Calédonie. Ce sera le convoi de janvier 1873. A son retour, il est désarmé, rendu aux Directions, et ses officiers regagnent leur port respectif.
Le 21 avril 1875, la prochaine mise en réserve de 3ème catégorie concernant le Rhin est annoncée.
Le 10 juillet, sa mise en réserve de 2ème catégorie est annoncée.
Le navire entre en armement définitif le 2 août, en vue d'un départ le 1er septembre pour la Nouvelle-Calédonie et Tahiti. Pour ce voyage, son état-major recevra trois enseignes de vaisseaux supplémentaires, mais n'embarquera pas de pourvoyeur. L'aide-commissaire Pâris est désigné pour remplir les fonctions d'officier d'administration. Un article du 11 août donne la composition de l'état-major du navire. Il prendra en charge 20 déportés à Brest, puis 270 transportés à l'île d'Aix. Ce sera le 15ème convoi de déportés.
Fin septembre 1877, le Rhin arme pour essais. Le 25 septembre, embarquent le lieutenant de vaisseau Reclus, les enseignes de vaisseau Bled, Fririon, Ciszeville, et le médecin de 1ère classe Jean.
Le 31 octobre, alors que le navire est armé en essais, le lieutenant de vaisseau Reclus ayant obtenu un congé d'un an, il est remplacé par son collègue Martin. Début novembre, le navire commence ses essais en mer, et début décembre, les essais terminés, il est mis en réserve.
Il se rend certainement ensuite sur Toulon, car deux articles du 15 mars 1879, annoncent l'armement dans ce port du Rhin le 15 du même mois, afin d'effectuer le transport des produits français destinés à l'exposition de Sidney. Le médecin de première classe Gardies embarque, et l'aide-médecin Chassériaud est désigné également pour ce voyage. Le lieutenant de vaisseau Cave embarque comme second et officier de choix. Embarque également le lieutenant de vaisseau Mullit de Villenaut, les enseignes de vaisseau, Guth, A-A-F Lefèvre, Vergé, Kernafflen de Kergos. Un article du 21 mai 1879 mentionne que le médecin de 1ère classe Cauvin, remplissant les fonctions de médecin-major sur le Rhin, aura pour mission d'étudier au pont de vue anthropologique, les races océaniennes et les races australiennes. Un autre article du même jour signale le départ du navire le 15 mai, et donne la composition de son état-major. Le 18 mai, le bâtiment fait relâche à Messine. Une dépêche du 26 mai annonce son arrivée à Suez. Puis du 2 au 3 juin il fait relâche à Aden, et arrive à Sydney le 3 août. En février 1880, le Rhin est toujours à Sidney, et un article donne quelques précisions sur le déroulement du séjour. Un nouvel article du 1er mai donne d'autres nouvelles du séjour, annonçant que fin juin, le navire devrait quitter Sidney pour Melbourne.
Le 13 juillet, le Rhin quitte Melbourne, prenant la route du cap Horn pour rentrer sur Toulon. Le 16 novembre, il relâche à Oran, puis regagne Toulon.
Début janvier 1881, le médecin de 1ère Cauvin est appelé à Paris pour rendre compte de sa mission scientifique.
Le 2 décembre 1884, à Toulon, on pousse activement les réparations sur le Rhin, en vue d'un voyagele 1er février 1885 à le Téunion et Madagascar.
En mars 1885, le navire appareille de Toulon. Il doit effectuer du transport entre Madagascar et la Réunion. Les batteries, la haute et la basse, sont pourvues de postes de couchage et de planches à sacs, en vue du transport de passagers.
Enfin le 5 juin 1886, le Rhin est condamné, et utilisé comme charbonnière et centre de station de torpilleurs à Lézardrieux, pour la Flottille de l'Océan, et ce jusqu'en 1910.