La Garonne

 

Garonne parti le 31 juillet 1872 et arrivée le 5 novembre 1872

75 hommes condamnés à la déportation en enceinte fortifiée

Matricules 296  à 370

500 hommes condamnés à la déportation simple

Matricules 632  à 1.131

 

Garonne Parti le 3 Aout 1873 et arrivé le 18 Décembre 1873

8 femmes condamnés aux travaux forcés

Matricules 31 à 28

18 femmes condamnés à la prison

Matricules 29 à 46

495 hommes condamnés aux travaux forcés

Matricules 5.247 à 5.741

 

Garonne Parti le 1° Décembre 1874 et arrivé le 12 Mars 1875

4 hommes condamnés à la déportation en enceinte fortifiée

5 hommes condamnés à la déportation simple

252 hommes condamnés aux travaux forcés

 

 

 

La Garonne est un transport-écuries à hélice de la classe Calvados.

C'est un trois-mâts à coque en bois, avec une capacité de 400 passagers et 352 chevaux répartis entre le spardeck (92), le faux-pont (174) et la cale (96). Les animaux, logés dans deux des faux-ponts, disposaient d'un espace de 60 cm de large.

Construit par les chantiers navals de Brest, ce navire est sur cale le 2 mai 1856.

Son lancement a lieu le 16 juin 1859, pour une mise en service en juin 1859.
Ce navire d'une longueur de 80 mètres, jaugeant 3210 Tonneaux, était propulsé par une hélice et une machine auxiliaire de type 200 ou 250, d'une puissance de 804 1074 chevaux, pouvant atteindre une vitesse de 9,8 nœuds, fonctionnant au charbon (200 tonnes taient embarques pour sa chaudière), et  par une voilure de 1986 m .

 Il était armé en 1873 de 4 pièces de 14 com NR 2 et 5 pièces de 4 cm aux extrémités des prisons. Son équipage était de 7 officiers pour 258 hommes

 

Historique

Le 16 juin 1859 la Garonne appareille de Brest pour Oran, puis Toulon.

Le 8 octobre 1859, elle part pour la Chine, faisant escale Tables Bay du 7 au 21 février 1860, pour arriver Hong-Kong le 17 avril 1860. Elle est alors sous les ordres du commandant Protet et stationnera Saigon du 14 février 1861 au 3 avril 1862.
Le 3 avril 1862 la Garonne fait retour vers Suez. Elle y arrive le 15 juillet 1862, et charge des passagers, 150 chevaux et 30 ânes, puis vogue directement vers Saïgon, où elle arrive le 18 août 1862. Au cours de ce voyage 15 animaux périront.
Elle appareille de nouveau le 1er octobre 1862, avec son bord des malades, en direction de Suez, où elle arrive le 19 novembre.
Le 6 janvier 1863, elle effectue un nouveau voyage sur Saïgon, qu'elle atteint le 26 février.

 Le 15 avril 1863, c'est le troisième départ en direction de Suez où elle arrive le 11 juin, avant de quitter ce port le 20 août en direction de la France, pour atteindre Cherbourg le 23 décembre 1863, lieu où elle est désarmée et passe l'année 1864 en carénage.
Le rapatriement du corps expéditionnaire du Mexique nécessitant l'envoi à la Vera-Cruz de neuf vaisseaux et de vingt-quatre transports, destinés à ramener en France un matériel considérable et un personnel d'environ 25000 hommes, la Garonne, après transformation et une traversée directe, arrive au Mexique le 20 février 1867 pour sa mission d'évacuation de troupes.

Elle appareille le 2 mars pour Brest, avec son bord 529 passagers, dont 15 religieuses. Elle fait route à la vapeur, passant en dehors du banc de Campêche, débouquant (débouquer : Sortir de l'embouchure d'un canal) du canal de Floride le 8 mars. Ayant fait bonne route, malgré la grosse mer, la Garonne arrive à Brest le 30 mars 1867, après 28 jours de mer.
En 1870, elle arme à Cherbourg, pour aller désarmer à La Rochelle.
En 1871, la Garonne est en Allemagne pour ramener des prisonniers. Elle est transformée en ponton-prison et affectée Cherbourg, du 29 mai au 30 juin 1871, et remplacée par l'Arcole.

En effet, le navire est désigné à Cherbourg, pour effectuer le transport des insurgés de la Commune en Nouvelle-Calédonie, sous les ordres du commandant Rallier.
Elle effectuera cette mission, avec le transport de passagers, de 1872 1875.
En mars 1872 la Garonne est sous le commandement du capitaine de vaisseau Rallier.
Fin mars 1873, la Garonne devant entrer en réparations avant de repartir en Nouvelle-Calédonie, elle désarme à Brest le 4 avril 1873, et en juin elle va sur Toulon pour un voyage en Nouvelle-Calédonie, avant de revenir à Brest.

Le 24 mai 1873, une décision nomme le capitaine de frégate Barbotin au commandement de la Garonne Brest, et le 2 juin, le navire entre en armement pour transporter des communards en Nouvelle-Calédonie.

 Le 11 juin embarquent les lieutenant de vaisseau Somborn (il permutera avec le lieutenant de vaisseau Rup de la Bretagne), Paupie, Farret, Le Clerc, Mahieux, Jubault, l'aide-commissaire Panaget, le médecin de 1ère classe Jobard et le médecin de 2ème classe Paul Barret. L'aumônier sera l'abbé Bontemps.

Le samedi 21 juin la Garonne est mise en rade de Brest, en vue d'embarquer des prisonniers détenus à bord de l'Hercule (ce vaisseau pénitencier devant être désarmé le 1er juillet), pour les conduire Toulon, avant d'effectuer un transport de forçats pour le bagne de Nouvelle-Calédonie.

Le 30 juin 1873, le navire quitte Brest pour Toulon, sous les ordres du capitaine de frégate Barbotin, ayant bord 169 condamnés qui étaient détenus sur le bâtiment pénitencier l'Hercule.

Elle arrive Toulon le 12 juillet où elle débarque ses prisonniers et doit prendre en charge un convoi de 570 forçats, avec un départ prévu pour la fin du mois. Le lieutenant de vaisseau Latapy est embarqué en remplacement d'un enseigne de vaisseau et, du fait de son ancienneté dans le grade, il prend les fonctions de second la place du lieutenant de vaisseau Girardin.

Les passagers devant prendre place sur le navire doivent être à Toulon pour le 29 juillet au plus tard.

Le 1er août l'embarquement est terminé, et le 3 août, c'est le départ pour Nouméa sous les ordres du capitaine de frégate Barbotin.

Le 7 octobre 1873, la Garonne quitte Sainte-Catherine après cette escale au Brésil.

Le 20 novembre elle était attendue de jour en jour Nouméa, mais elle n'y mouille que le 18 décembre, après 137 jours de mer.

Ayant quitté Nouméa le 8 janvier 1874, elle arrive à Brest le 30 avril dans la soirée, ramenant 57 passagers, puis le 22 mai 1874 remise aux autorités. Son état-major passe sur l'Hermione ce même mois de mai.
De nouveau armée en juillet 1874, la Garonne effectue deux nouveaux voyages vers Nouméa en décembre 1874, le 12ème convoi de déportés, et novembre 1875, avant d'être à nouveau désarmée Brest le 22 juin 1876.
En septembre 1880, la Garonne est en réserve à Brest et doit se rendre Toulon. Elle est transformée, en vue d'effectuer des voyages pour les Antilles, par ajout d'une teugue (construction légère sur le pont d'un navire, sorte de petit gaillard d'avant peu levé et de petite longueur) et d'une dunette. 

De 1881 1886, elle fera du transport destination de la Réunion, du Sénégal, des Antilles et de Madagascar.
Le navire entre en armement définitif le 1er mars 1881, et doit partir pour Toulon, avec escale à Rochefort pour y déposer du matériel. Par décision présidentielle du 4 avril, le capitaine de frégate Le Tourneur est désigné pour le commandement de la Garonne qui n'ira finalement pas à Rochefort, mais partira le 10 avril, et arrivera à Toulon pour le 23 avril.

Son commandant passe sur le transport l'Yonne. La Garonne sera désarmée, puis mise en réserve de 2ème catégorie, ne devant être réarmée que pour le service des colonies.

Le 30 avril, le commandant Letourneur quitte la Garonne pour le transport l'Yonne, et le navire est placé en réserve de 2ème catégorie le 17 mai.
Le navire entre en armement le 6 mars 1882 Toulon, sous le commandement du capitaine de frégate Gatier, nommé le même jour par décision présidentielle, dans le but d'effectuer un voyage La Réunion le 1er avril, en remplacement de la Creuse.

L'état-major du navire est composé des lieutenants de vaisseau Courmes et Maurras, des enseignes de vaisseau Provensal, Vidal et Durrande, de l'aide-commissaire de Saint-Quentin comme officier d'administration, du médecin de 1ère classe Maurin comme médecin-major, du médecin de 2ème classe Canolle, et de l'aide-médecin Pons. Son voyage du 1er avril est destiné à rapatrier l'équipage de la Levrette et de la Belette, et se rendra pour cela Madagascar et Nossi-Bé .

La Garonne quitte Toulon le 1er avril pour La Réunion, avec 286 passagers à son bord. Le 30 juin 1882, elle se trouvait Suez, puis le 8 juillet quittait Port-Saïd. Elle devait être mise en réserve de 2ème catégorie à son retour à Toulon, ramenant 10 malades et 70 réfugiés d'Egypte.

Elle y arriva le 19 juillet et reste armée puis, toujours sous les ordres du commandant Gatier, passe en réserve de 2ème catégorie le 26 août.
En mars 1883, la Garonne doit armer en vue d'effectuer un voyage au Sénégal le 1er août. Le capitaine de frégate Duhil de Bénazé, précédemment commandant du Calvados, ainsi que tout l' état-major de ce bâtiment, passent sur la Garonne Toulon. L'armement est avancé au 1er avril et le voyage au Sénégal au 1er mai. Elle sera dans un premier temps remplacée par le transport Vinh-Long, et devra rester en réserve jusqu'au 15 août, pour effectuer un voyage Cayenne et aux Antilles le 15 septembre.

Un article du 11 avril annonce que c'est finalement la Garonne qui effectuera le voyage au Sénégal. Le second du navire sera le lieutenant de vaisseau Villaume. Embarquent également les enseignes de vaisseau Burel, de Laage, Maureau et Darrieus, et le médecin de 1ère classe Illy et l'aide-médecin Girard (permute avec Mr Capus). Pour ce voyage, elle relâchera non à Mers-el-Kébir, mais à Alger, afin d'y embarquer le personnel, les animaux et le matériel destinés à la mission de Brazza et la colonie du Sénégal. Elle quitte Toulon le 15 mai avec une liste de passagers pour le Sénégal.

 La Garonne est Alger le 17 mai, passe Tarifa (extrême sud de l’Espagne) le 22. Tout allait bien à bord. De retour, elle est mise en quarantaine pendant 48 heures puis admise en libre pratique le 21 juillet.
Après ce voyage au Sénégal, la Garonne est au bassin à Cherbourg fin juillet 1883, pour se rendre début août successivement à Brest, Rochefort et Toulon, puis retour à Cherbourg. Débarquent du navire les enseignes de vaisseau Maureau, de Laage, de Meux, Burel, ainsi que le médecin de 1ère classe Illy et les aides-médecin Gérardet et Faraut, et embarquent en provenance de l'Orne, les enseignes de vaisseau Caron et Lignon.

 Elle doit faire ensuite un voyage à la Guyane et aux Antilles le 15 septembre.

 En armement définitif à Toulon avec effectif réduit le 8 août, le médecin de 2ème classe Devoti est désigné pour y embarquer, et l'enseigne de vaisseau Guth remplace son collègue Caron, puis début septembre embarquent également le médecin de 1ère classe Boyer et le médecin de 2ème classe Devoti. L'aide-médecin Casanova est désigner pour embarquer sur la Garonne début septembre, ainsi que l'enseigne de vaisseau Sibaud.

Le 15 septembre le navire quitte Toulon. Il arrive Fort-de-France, la Martinique, le 30 octobre, en provenance de Cayenne. Sur le retour vers Toulon, elle fait relâche à Mers-el-Kébir le 28 décembre, pour charger du charbon, et arrive à Toulon le 4 janvier 1884 et est placée en réserve de 1ère catégorie le 13 janvier, dès son déchargement terminé.
En décembre 1883, la Garonne est désignée pour effectuer un voyage à la Guyane et aux Antilles le 1er avril 1884. Le capitaine de frégate B. L. Aiguier est nommé à son commandement. Débarquent le lieutenant de vaisseau Sibaud, les enseignes de vaisseau Fournier, Darrieus (ou Darriens), Lignon, Abeille, tandis que le médecin de 1ère classe Boyer est maintenu.

Le navire doit réarmer le 1er mars pour son voyage du 1er avril à la Guyane et aux Antilles. Il est prévu faire escale à Mers-el-Kébir, afin de prendre en charge 21 chevaux destinés à la Guadeloupe.

La Garonne entre en armement définitif le 10 mars 1884. A cette date, il est prévu une escale à Oran (et non plus Mers-el-Kébir) pour embarquer 20 chevaux (au lieu de 21) destinés à la compagnie de Gendarmerie de la Guadeloupe. Le médecin de 1ère classe Giraud embarque, ainsi que les enseignes de vaisseau Fouroux (qui permute ensuite avec son collègue Tort, du Trident), Ricquer et Caron. Le service médical est prévu pour l'aller et le retour.

La Garonne quitte Toulon le 1er avril 1884 pour la Guyane et les Antilles, avec à son bord 466 passagers militaires.

Elle est Mers-el-Kébir le 6, qu'elle quitte le 10, franchit le détroit de Gibraltar le lendemain. Les garnisons de la Guyane et des Antilles étant réduites, c'est la Garonne qui est chargée de rapatrier l'excédent de militaires lors de son retour.

Elle quitte Fort-de-France le 24 mai 1884 pour la Guadeloupe, et passe le détroit de Gibraltar le 20 juin, en route vers Toulon où elle arrive le 25 juin.

Elle débarque ses malades à Saint-Mandrier, avant de se diriger le lendemain sur Port-Vendres, où ses passagers sont débarqués et rejoindront Rochefort le 30 juin.

Elle est prévue rester armée, devant repartir le 1er août pour le Sénégal, mais au départ de Brest, au lieu de Toulon, et devant emporter un plein chargement de vivres et de matériel, ainsi que 560 passagers.

 Le navire ayant mouillé aux îles d'Hyères le 29 juin, en provenance de Port-Vendres, elle fait route pour Brest le 1er juillet.

Le 2 juillet 1884, à proximité de Marseille, la Garonne a abordé un navire norvégien qui a coulé. Le 6 juillet le navire, arrivé à Mers-el-Kébir, est soumis à une quarantaine de 5 jours. Le transport arrive Brest le 21 juillet. L'enseigne de vaisseau auxiliaire Grossin y embarque. Devant effectuer au départ un voyage vers le Sénégal, c'est finalement pour la Réunion et Madagascar qu'elle est désignée, mais devra rentrer rapidement, afin de faire un voyage vers la Guyane et les Antilles le 15 décembre 1884. Le départ pour Madagascar est fixé au 16 août, et la Garonne était à Aden le 15 septembre, en attente de l'Etendard, quittant ce port le lendemain en direction de Madagascar qu'elle doit quitter en octobre pour Toulon.

 Le navire arrive la Réunion le 9 octobre et a fait route sur Tamatave le 15 de ce mois.

 Ayant quitté Tamatave pour Toulon, le navire relâche à Aden du 13 au 14 novembre.

Le 26 novembre il était à Port-Saïd, avec à son bord 300 convalescents militaires de Madagascar, et arrive à Toulon le 9 décembre 1884. Le médecin principal Giraud débarque, et embarque le médecin de 1ère classe Audibert.
La Garonne est admise à la libre pratique, et conduite dans le port le 9 décembre, afin de changer ses chaudières. Le navire est échoué au bassin n° 2 de Castigneau à Toulon.

 Il ne pourra donc partir le 15 décembre pour la Guyane et les Antilles, comme prévu, mais le départ vers cette destination est annoncé pour le 15 janvier 1885, avec divers détachements d'Infanterie de Marine et d'Artillerie à destination de la Guyane, de la Martinique et de la Guadeloupe.
En octobre 1884, la Garonne était annoncée devant quitter Toulon en mars 1885. Mais après 1884, on ne trouve aucun renseignement sur ce navire dans les Tablettes des Deux Charentes.
La Garonne sera une dernière fois désarmée en 1886, et enfin rayée des listes de la flotte le 2 avril 1891, et remise aux Domaines.

 

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