LE VAR
Var parti le 10 octobre 1872 et arrivé le 9 février 1973
146 hommes condamnés à la déportation en enceinte fortifiée
Matricules 371 à 516
429 hommes condamnés à la déportation simple
Matricules 1.137 à 1.565
Var Parti le 30 Septembre 1873 et arrivé le 31 Janvier 1874
10 femmes condamnés aux travaux forcés
Matricules 29 à 38
12 femmes condamnés à la prison
Matricules 47 à 58
363 hommes condamnés aux travaux forcés
Matricules 5.744 à 6.106
Var Parti le 1° Mars 1875 et arrivé le 23 Juillet 1875
6 hommes condamnés à la déportation en enceinte fortifiée
Matricules 863 à 868
19 hommes condamnés à la déportation simple
Matricules 2.969 à 2.987
216 hommes condamnés aux travaux forcés
Matricules 7.189 à 7.404
Le Var est un transport-écuries à hélice de type Ardèche construit par les chantiers de Bordeaux, lancé le 12 décembre 1863 et rayé probablement en 1887.
Ce type de navire était un trois-mâts barque, spécialement conçu pour le transport des chevaux sur les théâtres d'opération, dessin par Guesnet selon les plans du Calvados, qui pouvait recevoir 400 passagers et 360 chevaux ou mulets. Chaque animal disposait de 60 cm de largeur dans un des deux faux-ponts affectés au transport.
Les dimensions du bâtiment étaient de 80m33 x 13m00 x 4m77, le jaugeage de 3479 tonneaux, pour une vitesse maximum de 9,42 nœuds.
La propulsion s'effectuait au moyen de 2 machines à vapeur de 230 ou 280 chn Schneider horizontales, soit 980 chevaux nécessitant 200 tonnes de charbon, et une voilure de 3140 m.
Il était équipé d'une hélice à deux ailes de 4,10 mètres de diamêtre.
L'armement, en principe de 4 obusiers de 30 était apparemment sur le Var de 2 canons de 14 sur les gaillards, et 3 canons de montagne de 4 pour les embarcations.
Enfin l'équipage était de 212 à 215 officiers et hommes d' équipage.
Le 7 avril 1864, le Var quitte Bordeaux sous les ordres du capitaine de frégate Loyer, qui sera remplacé en cours d'année par le capitaine de frégate Pascalis jusqu'en 1867.
Du 9 avril au 1er août 1864 il est à Rochefort, puis du 1er au 22 août en rade de l'île d'Aix.
Du 15 au 29 septembre on le trouve à Fort-de-France, puis Sacrificios au Mexique du 15 au 24 octobre, et Vera-Cruz du 24 au 27 octobre, avant de faire son entrée à Toulon le 29 novembre de cette année même 864.
En 1865, le navire effectue du transport sur l'Algérie puis retourne au Mexique.
En 1866-67, il effectue des voyages à Toulon, Alexandrie, au Mexique, en Algérie, puis est désarmé.
Le rapatriement du corps expéditionnaire du Mexique nécessitant l'envoi à la Vera-Cruz de neuf vaisseaux et de vingt-quatre transports, destinés à ramener en France un matériel considérable et un personnel d'environ 25000 hommes,
le Var arrive le 17 février 1867 au Mexique pour l'évacuation des troupes.
Il appareille en direction de Mers-el-Kébir le 22 février 1867 avec à son bord 1024 passagers (3 officiers supérieurs, 42 officiers subalternes et 979 hommes de troupe) et 12 chevaux. Il suit la route par le banc de Campêche, navigant à la vapeur. Le 27 février il reconnait la Havane, et débouque (débouquer : Sortir de l'embouchure d'un canal) du canal de la Floride le 1er mars. Il prend alors la route par l'arc de grand cercle sur la cap Saint-Vincent qu'il reconnait le 25 mars au soir passe le détroit de Gibraltar le 26 et mouille à Mers-el-Kébir le 28. Malgré du gros temps (sept jours de grosse mer et 4 jours de coup de vent) rencontré pendant la traversée, celle-ci aura duré 34 jours au total, dont 25 pour la traversée de l'Atlantique.
Le 13 juin 1867 le navire arrive à Toulon, venant d'Alger, toujours sous les ordres du commandant Pascalis.
Le 5 mars 1868, le Var appareille de Toulon pour le Sénégal et le Gabon.
Il est réarmé le 1er mai 1868.
Le 18 juin 1868, sous les ordres du capitaine de frégate Talma, le navire appareille pour Civita-Vecchia (port italien du Latium), afin d'y prendre en charge du matériel et une batterie d'artillerie, qu'il débarquera à Toulon. Il y est de retour le 22, avec à son bord 83 passagers et 80 chevaux du train des Equipages Militaires.
Le commandant du Var, de son vrai nom Paul Louis Joseph Bazile Talma porte le nom de ses deux parents, car ceux-ci ne sont pas mariés. En effet le père, François Joseph Talma, dentiste, acteur, et sociétaire de la Comédie Française, n'est pas divorcé de son pouse officielle.
Début août 1868, le navire appareille pour Alexandrie, emportant beaucoup d'approvisionnement, de rechange et du matériel, mais peu de passagers.
A la fin de ce même mois, il est attendu à Toulon avec le Jura, ces deux navires devant ramener une brigade d'Infanterie qui a terminé son temps réglementaire dans l'Armée d'Afrique.
Le 23 août, alors que le navire se trouve au large de Matruh, en Egypte, le rôle des équipages mentionne le décès à 19h30, de Joseph Augustin Richard, fils de Joseph et de Marie Pilpré, soldat au 3ème régiment d'Infanterie de Marine, originaire du Maine-et-Loire, matricule 17085, inscrit dans le rôle d'équipage sous le n° 186.
Les témoins sont le lieutenant de vaisseau Bigant, commandant en second, et l'enseigne de vaisseau Marquis. L'acte est rédigé par l'aide-commissaire Charliod, remplissant à bord les fonctions d'officier de l'état-civil.
Le 1er octobre 1868, il quitte de nouveau Toulon pour Alger, y emmenant des troupes. Revenu, il se prépare mi-octobre pour un nouveau voyage pour transporter des troupes. Au cours de ce dernier voyage, il semble qu'un incident ait éclaté entre le second du navire et un passager, comme le relate un article.
Le 2 décembre, venant d'Alexandrie, le Var mouille en rade de Toulon, ramenant les passagers, le matériel et les bagages débarqués à Suez par le transport l'Aveyron. Vers le 10 décembre, le navire doit se rendre à Rochefort avec un chargement de vieille fonte de canons destiné la fonderie de Ruelle (Charente), mais le 16 il n'a toujours pas appareillé.
Le 23 il est toujours maintenu à Toulon jusqu'à nouvel ordre. Son commandant en second, le lieutenant de vaisseau Bigant, est admis à effectuer un stage d'un mois dans les bureaux du Commissariat de la Marine, en vue de préparer l'examen de sous-commissaire.
Le 15 janvier 1869, le Var appareille de Toulon pour Alexandrie, sous les ordres du capitaine de frégate Talma, avec son bord des troupes destinées à la Cochinchine, mais embarquera en fait au dernier moment, et en catastrophe, 400 hommes pour la Réunion.
Du 16 au 19 janvier, il est obligé de relâcher à Ajaccio en raison du mauvais temps.
Il fait ensuite escale à Malte du 21 au 25 janvier, pour arriver à Alexandrie le 31 janvier, où il transfère ses troupes sur l'Armorique. Il appareille d'Alexandrie pour Toulon le 19 février avec à son bord 974 passagers en provenance de Cochinchine, avant d'être de nouveau désarmé.
Le 5 mars 1869, sous les ordres du capitaine de frégate Bazile-Talma, le Var doit appareiller pour le Sénégal, Gorée, le Gabon et les Antilles. L'aide-pharmacien Jousset, destiné à l'hôpital flottant le Météore au Gabon, et l'enseigne de vaisseau Prévert, pour la côte occidentale de l'Afrique, doivent prendre passage sur le navire.
En février 1871, sa coque est doublée en cuivre et en décembre 1874, il y aura un nouveau doublage de la carène.
De 1872 à 1876, le Var effectue des voyages à Dakar, Sainte-Catherine, Nouméa, l'îles-des-Pins, Tahiti, Sainte-Hélène et Bahia.
En 1872-73, il est sous les ordres du capitaine de frégate Lemosy,
En 1873, le Var effectue un voyage vers la Nouvelle-Calédonie, sous les ordres du capitaine de frégate François Baux. Mi-août, après relâche à Sainte-Hélène du 29 juin au 6 juillet, le navire est attendu à Toulon, mais il n'y arrive que le 21 août.
Vers le 25 septembre 1873, il doit de nouveau quitter Toulon pour la Nouvelle-Calédonie, avec un contingent de forçats, dont le nommé Mano, alias le facteur des Landes.
Début septembre, le médecin de 1ère classe Pelon embarque en remplacement de son collègue Rochas, et l'aide-médecin Ségard (lui-même remplacé ensuite par Mr Le Dantec) en remplacement de son collègue Ledrain. Mi-septembre embarquent également le lieutenant de vaisseau Nicolas, au choix du commandant Baux, et le médecin de 2ème classe Corneille.
Le navire est mis en rade le 18 septembre. La 37ème compagnie du 3ème régiment d'Infanterie de Marine (ex 40ème compagnie du 4ème régiment), qui se trouve alors à Toulon, embarque sur le navire pour la Nouvelle-Calédonie afin de compléter la garnison. Elle comprend 42 sous-officiers, caporaux et soldats, un capitaine et un sous-lieutenant, et servira d'escorte aux forçats pendant le voyage.
Le Var fait route le 1er octobre 1873, embarquant comme passagers civils, le commissaire-adjoint Huc, les sous-commissaires Ferriez, Jouannet, Barlet, l'aide-commissaire Aphalo, tous du cadre colonial, et François Rieu. Outre l'équipage, les militaires, des gardiens, des religieuses, le navire emmène 363 transportés hommes et 25 femmes, comme le montre la liste des passagers.
Le navire, après relâche à Sainte-Catherine au Brésil, du 17 au 26 novembre, arrive Nouméa le 30 janvier 1874.
Le Var quitte ensuite Nouméa pour le retour par Tahiti, d'où il appareille le 15 avril 1874 en direction de Brest, où il doit arriver dans la deuxième quinzaine de juillet.
Il arrivera finalement le 6 août, ramenant 88 passagers. Il est désarmé et remis aux directions le 1er septembre 1874.
Début décembre 1874, le navire est conduit au bassin à Brest, afin d'y être réparer pour effectuer un nouveau voyage en Nouvelle-Calédonie, en remplacement éventuel du Jura.
Le 12 janvier 1875 le Var entre en armement pour le voyage du 1er mars en Nouvelle-Calédonie et Tahiti. L'aide-commissaire Salvignol embarque.
Par décision du 8 janvier 1875, le capitaine de frégate L. Ch. F. Testu, marquis de Balincourt est nommé au commandement du transport le Var à Brest. Le lieutenant de vaisseau Mac-Guckin embarque en qualité de second. Embarquent galement les enseignes de vaisseau Hiéronimus, Mouton, Maron, Vimont, Gaultier, le médecin de 1ère classe Moisson, le médecin de 2ème classe Carassan, l'aide médecin Canoville (ce dernier fin janvier), l'aumônier de 1ère classe Kéroch (mi-février).
Le 21 février, le navire est mis en rade afin de régler ses compas.
Le 1er mars 1875, le Var quitte la rade Brest avec des passagers pour celle de l'île d'Aix, où il arrive le lendemain pour effectuer un transfert de transportés et de déportés. Ce sera le 13ème convoi.
De retour à Brest le 17 janvier 1876, il entre dans le port le 22 pour désarmement (désarmement toujours en cours mi-février).
Fin mars 1877, la Moselle se rend à Saint-Nazaire pour ramener sur Brest les chaudières du Var.
Début juillet 1878, le navire passe du désarment à la réserve de 3ème catégorie.
Le 25 janvier 1879, le Var entre en armement, en vue d'effectuer un voyage en Nouvelle-Calédonie à la mi-février pour ne pas faire attendre les graciés de la Commune.
Le navire est sous les ordres du capitaine de frégate Hardy, de Brest. Lemosy, commandant du navire en 1872-1873, et Hardy sont du même âge et de la même promotion. Le premier avait perdu son bras droit, emporté par un boulet marocain près du port de Salé.
Au même moment, embarquent sur le Var le médecin de 1ère classe Charriez, les aides-médecins André et Martin du port de Brest, puis l'enseigne de vaisseau de La Motte-Rouge par permutation avec son collègue Mallard de La Varende le 1er février, puis le médecin de 2ème classe Keisser vers le 10 février.
Pour ce voyage, sur ordre du ministre, deux enseignes de vaisseau sont embarqués pour suppléer le commandant en second. Prennent place comme passagers, deux militaires destinés à la Nouvelle-Calédonie.
Le Var fait route vers la Nouvelle-Calédonie le 13 février 1879 (ou le 15, selon les sources).
De retour Toulon le 1er septembre 1879, le Var est désarmé.
Jusqu'en 1883, il est affecté à la réserve.
Il est probablement rayé des listes en 1887, avant que sa coque ne soit vendue en 1896.