La Guérrière 

2ème convoi de déportés 

Guerriere parti le 13 juin 1872 et arrivée le 2 novembre 1872

232 hommes condamnés à la déportation en enceinte fortifiée

Matricules 64 à 295

445 hommes condamnés à la déportation simple

Matricules 187 à 631

 

La Guerrière est une frégate mixte de 1er rang construite selon les plans de Boucher et Masson aux chantiers navals de Brest et transformée sur cales. Elle fut mise sur cales le 8 juin 1848, et son lancement eut lieu le 3 juin 1860. Elle fut en service du 22 octobre 1861 au 28 mai 1888, date à laquelle elle est « rayée », avant sa démolition en 1912.

C’était un navire à la coque bois, avec des dimensions de 78m 10 x 14m56 x 6m53, jaugeant 3596 tonneaux, pour un équipage de 466hommes (545 en 1866). En 1880, elle était armée de 30 canons de 30 rayés pour la batterie 1, et de 4 canons de 30 rayés pour la batterie 2. Il faut rajouter à cet armement 4 canons de 14 cm et 1 de 4 cm sur les gaillards. La propulsion s'effectuait au moyen d'une machine Creusot de 600 CV, avec une hélice à puits. 

En mai 1858 la Guerrière est transformée selon les plans de Courtebaisse. En décembre 1858 les plans sont modifiés par de Robert.
Elle quitte Brest le 12 novembre 1861, faisant partie de l'escadre du contre-amiral Jurien de La Gravière au Mexique. En plus de son équipage de 600 hommes, elle avait embarqué 1280 hommes des troupes de Marine et 250 chevaux, du corps expéditionnaire à destination du Mexique. La Guerrière va à Ténériffe (Canaries), lieu où elle rejoint l'escadre qui appareille de la rade de Santa-Cruz le 25 ou le 26 novembre. Le navire est à la Martinique le 9 décembre. L'escadre appareille de Fort-de-France le 17 décembre, mouille en rade de Kingston (Jamaïque) le 22, et arrive à la Havane le 27. Le 2 janvier 1862, l'escadre quitte la Havane, et elle mouille  le 7 au soir en rade de Sacrificios, devant Vera-Cruz.
Le 30 septembre 1862, on retrouve la guerrière en rade de New-York, ainsi qu'en juillet 1863, avant de passer au bassin dans cette même ville, en octobre 1863 pour étancher une voie d'eau. Puis elle quitte New-york pour la Guadeloupe, et arrive à la Martinique en décembre 1863. Le 15 janvier 1864, elle appareille pour Brest. Elle est au cap de Bonne Espérance le 7 mai. En 1865-1866 la frégate est à Nagasaki, au Japon, et en mer de Chine.

Le 1er janvier 1866, elle est en rade de Yokoama, venant de Hong-Kong, puis est stationnée en Chine. La Guerrière mouille le 7 juin 1866 à l'entrée du Wan-Poo, qui arrose Shangaï, sous les ordres du Commandant de vaisseau Olivier. Le 8 septembre, on la trouve au mouillage à Tche-Fou.

Le 18 septembre, un ordre du jour est lu et affiché au pied du grand mat des navires présents en rade, suite au massacre d'un évêque et de 17 missionnaires français la veille en Corée :
Ordre du jour.
Un grand crime vient d’être commis en Corée. Plusieurs missionnaires ont été odieusement massacrés par les forces du gouvernement de ce pays. Il nous appartient, à nous qui avons reçu la noble mission de faire rayonner au loin le drapeau de la Patrie, de frapper ceux qui ont commis un semblable forfait, et de montrer à ce gouvernement barbare que le sang innocent des enfants de la France est à jamais sacré. Je vous conduis donc sur les rivages de la Corée. Nous ferons nos efforts pour arriver au cœur de ce pays et venger les hommes de bien qui ont été mis à mort par ceux auxquels ils venaient enseigner la charité la vertu. Je n’ai pas besoin de faire appel à votre courage et à votre dévouement, je les connais. Mais dans notre juste vengeance nous ne confondrons pas ceux qui ont ordonné le meurtre de nos compatriotes avec les habitants paisibles qui ne demandent qu’à nous tendre la main. Nous saurons donc nous montrer dignes de la France et de notre auguste souverain, dont le cœur magnanime veille sur ses enfants partout où ils se trouvent. En nous inspirant du souvenir de la Patrie nous marcherons au cri mille fois répété «Vive l’Empereur».
Mouillage de Tche-Fou, à bord de la frégate Guerrière, le 18 septembre 1866.
Le contre-amiral Roze.
En octobre 1866, suite à ce massacre, La Guerrière participe à la campagne de Corée et à la prise de Kan-Hoa, sous les ordres du chef de la division navale des mers de Chine et du Japon, le contre-amiral Roze, qui a établit son pavillon sur le navire.

En août 1867, la Guerrière est gravement endommagée par un typhon, en mer de Chine méridionale, alors qu'elle effectuait un voyage du Japon à Hong-Kong. Le 29 novembre 1867, la frégate embarque deux compagnies d'Infanterie de Marine à destination du Japon, puis appareille de Hong-Kong pour la France, le 5 février 1868, toujours sous les ordres du commandant de vaisseau Olivier.
L'année 1869 voit la transformation de la Guerrière en transport de troupe à deux batteries avec ajout d'un pont supplémentaire couvert allant de l'avant à l'arrière du navire au-dessus du pont supérieur, que l'on appelle spardeck, dans les chantiers navals de Lorient. Et en janvier 1870, toujours à Lorient, elle est armée en transport de troupes et désignée pour effectuer le transfert des insurgés de la Commune.
En 1871, après avoir rapatrié les prisonniers français d'Allemagne, elle assure le transport des déportés en Nouvelle-Calédonie, sous les ordres du capitaine de frégate Boucarut.
Le 20 avril 1872, elle se trouve en rade de l'île d'Aix où elle doit normalement embarquer de jour-là des passagers et des troupes. un article donne le liste de son état-major. En juin 1872, la commission médicale chargée de vérifier la compatibilité de l'état de santé des déportés de la Commune  avec leur transfert en Nouvelle-Calédonie a examiné les prisonniers.
En juin 1873, la Guerrière doit réarmer à Toulon, afin de remplacer à Alger l'Ardèche, ce navire étant affecté à la transportation en Nouvelle-Calédonie. Le 5 juillet, son commandant, le capitaine de Frégate Boucarut décède à l'hôpital de Toulon. Le navire est prévu entrer en réserve de 3ème catégorie le 1er octobre.
En février 1874, le médecin de 1ère classe Gailhard, se voit décerner un témoignage officiel de satisfaction de la part du ministre de la Marine, pour sa relation au point de vue médical, de la mission en Nouvelle-Calédonie du transport mixte la Guerrière (1872-1873). En mai, le bâtiment passe en réserve de 2ème catégorie, toujours à Toulon. Le 1er juillet, il entre en armement pour essais, sous les ordres du capitaine de frégate Delassaux et procède, fin juillet début août aux essais de sa machine. Le navire est en rade mi-août.
En réserve à Toulon, la Guerrière est désignée par le ministre de la Marine, pour effectuer vers le 1er mai 1875 un voyage vers le Sénégal, en remplacement de l'Hermione, et est en armement à la mi-avril. C'est la capitaine de frégate A. R. Saillard qui assurera le commandement, ayant été nommé par décision du Président de la République du 6 avril. Le navire doit prendre en charge du matériel et du personnel destinés au Gabon et appareiller le 10 mai. Il quitte effectivement Toulon à cette date, à 15h00, faisant route vers Dakar. Le 6 juillet 1875, il n'était pas encore de retour à Toulon, où il sera placé en réserve n° 2.
Après cette date et jusqu'en 1879, on ne trouve pas trace de la Guerrière dans les Tablettes des Deux Charentes.
En janvier 1879, l'aide-médecin Couteaud embarque sur la guerrière, et c'est le capitaine de frégate Panon du Hazier qui en prend le commandement. Embarque également le lieutenant de vaisseau Puech. Fin janvier 1879, le navire est maintenu en réserve 1ère catégorie. Le 8 février, le commandant Panon du Hazier et le lieutenant Puech débarquent, suite au désarment du bâtiment.
En février 1880, des ordres sont donnés pour faire passer au bassin et remettre en état la Guerrière, qui n'avait pas navigué depuis plusieurs années.
En avril 1881 embarquent sur la Guerrière, le capitaine de frégate Le Bourgeois, en qualité de commandant, les lieutenants de vaisseau de Percin, Tessayre, les enseignes de vaisseau Guth et Mourre, le médecin de 1ère classe Chevalier. Le 13 avril 1881, le navire quitte Toulon pour l'Algérie. Fin avril des troupes sont envoyées en Algérie, et la Guerrière est prévue pour embarquer le 20ème régiment d'Infanterie de Ligne en entier, et 200 hommes du Train, et prendra la direction de La Calle, en Algérie. Emlle quitte Toulon le 3 mai avec les transports l'Algésiras, l'Intrépide et l'Yonne. Ces bâtiments emmènent des troupes dont une partie doit renforcer la brigade Maurand qui occupe Bizerte, en Tunisie. L'autre partie est destinée à renforcer les colonnes opérant sur la frontière algéro-tunisienne, et débarquera à Bône, en Algérie. Le 13 mai 1881, la Guerrière avait quitté Bizerte et le 18 mai elle était rentré à Toulon. Le 11 juin 1881, elle quittait de nouveau Toulon en direction de Tabarka, en Tunisie, puis était le 19 à Alger avec des troupes se Tunisie, et le 2 juillet elle était à Marseille, où elle arriva dans le nuit du 28 au 29 juin, puis elle rallie Toulon dans le 22 juillet au soir. Elle est placée en réserve hors catégorie, et son état-major et son équipage passent sur le Tarn qui la remplace.
La Guerrière termine ainsi sa carrière en participant à l'expédition de Tunisie de 1881, avant d'être désarmée entre 1883. En réserve à Toulon en juillet 1884, le navire est de nouveau désarmé en 1888, date à laquelle il est "rayé", le 28 mai de la liste des navires de la Marine. De 1892 à 1912, la Guerrière est à la caserne des marins vétérans, cette dernière année où elle est démolie.

 

 

 

 

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