La Loire
Loire Parti en Janvier 1873 et arrivé en Juillet 1873
617 hommes condamnés aux travaux forcés plus 2 décédés pendant le trajet
Loire Parti le 6 mai 1874 et arrivé le 16 Octobre 1874
2 hommes condamnés à la déportation en enceinte fortifiée
33 hommes condamnés à la déportation simple
291 hommes condamnés aux travaux forcés
Le 5 juin 1874, sous les ordres du capitaine de frégate Lapierre, la Loire quitte Brest. Elle avait embarqué 40 arabes internés au fort de Quélern suite à la Révolte de Kabylie. Mais il n'y avait qu'un seul insurgé de la Commune.
Sur les 40 arabes mentionnés, 39 sont destinés à la déportation simple à l'île des Pins, et un à la déportation en enceinte fortifiée.
Quittant donc Brest, la Loire se dirige vers la rade des Trousses, où elle embarque 300 forçats provenant du pénitencier de Saint-Martin-de-Ré, et destinés au bagne de l'île Nou.
Après une escale à Santa Catarina, la Loire arrive à Nouméa le 16 octobre 1874, après un voyage de 133 jours.
Pendant la traversée, cinq arabes sont décédés. Sur les 300 forçats du convoi, 250, atteints du scorbut, mourront dans les semaines suivant leur arrivée en Nouvelle-Calédonie.
Dans un précédent convoi de forçats en 1872, toujours sous les ordres du réputé très cruel commandant Lapierre, la Loire avait vu son effectif de 650 forçats embarqués amputé de 60 décès et avait compté 60 malades à son bord. De cet effectif de 650, il ne restait plus que 400 survivants à l'île Nou quelques mois plus tard.
Loire Parti le 17 Mars 1876 et arrivé le 21 Juin 1876
16ème convoi de déportés
5 hommes condamnés à la déportation en enceinte fortifiée
5 hommes condamnés à la déportation simple
209 hommes condamnés aux travaux forcés
Le seizième convoi appareilla le 7 mars de Brest avec onze déportés à bord, provenant du dépôt spécial de Saint-Brieuc. Un des déportés, nommé Victor Alphonse Richard, est débarqué à Rochefort et admis à l'hôpital de la Marine en raison de son état de santé. Né le 7 mai 1813 à Troyes (Aube), il était marié et père d'un enfant. Séparé de sa femme, il vivait en concubinage et exerçait la profession de bonnetier. Il avait été condamné à la déportation simple.
La Loire, une fois pris en compte son chargement de forçats, appareille le 17 mars 1876 de la rade des Trousses à l'île d'Aix, pour arriver à Nouméa le 21 juin 1876, après un voyage de 96 jours. Ce voyage est le second voyage le plus court, après celui du troisième convoi, qui était de 88 jours. Il semblerait que la Loire, à la hauteur de Pernanbouc au Brésil, a viré de bord, évitant l'escale de Santa-Catarina, pour se diriger directement sur le cap de Bonne Espérance.
Loire Partis le 22 Avril 1877 et arrivé le 6 Aout 1877
209 hommes condamnés aux travaux forcés
Loire Partis le 15 Juillet 1878 et arrivé le 25 Octobre 1878
2 hommes condamnés à la déportation en enceinte fortifiée
2 hommes condamnés à la déportation simple
352 hommes condamnés aux travaux forcés
Le vingtième convoi quitta Brest le 10 juillet 1878. Il avait embarqué les 4 derniers déportés condamnés à la déportation en enceinte fortifiée et les condamnés à la déportation simple.
La Loire fait escale le 15 juillet à Rochefort. Elle y embarque certainement un chargement de forçats en provenance de l'île de Ré, puis appareille le 15 juillet 1878, pour arriver à Nouméa le 25 octobre 1878, après un voyage de 102 jours. C'était le dernier convoi de déportés de la Commune envoyés purger leur peine en Nouvelle-Calédonie.
Loire Partis en Juin 1879 et arrivé en Septembre 1879
Loire Partis en Décembre 1880 et arrivé en Janvier 1881
Loire Partis en Décembre 1881 et arrivé en Janvier 1882
Loire Partis en Juillet 1883
Loire Partis en Novembre 1884
La Loire était un navire de transport mixte de type trois-mâts à hélice et à voiles, avec une coque en bois.
Ses dimensions étaient de 62 mètres 86, par 16 mètres 84, par 8 mètres 04, déplaçant 4 450 tonneaux (en 1872).
Sa vitesse était de 10 nœuds . L'effectif était composé de 883 hommes.
La propulsion se faisait au moyen de 2 hélices, et d'une machine Schneider de 650 chn à charbon, nécessitant 548 tonnes de combustible.
Quant à la voilure, elle était de 2710 m².
L'armement en 1858 était constitué de deux batteries, une de 24 canons de 30 et 8 de 22, et une de 26 canons de 30 et 6 de 22 et sur le gaillard de 4cannon de 30 (NR1) et 14 de 30 (NR4).
Le navire était doté d'un blindage de bordé de 20 cm d'épaisseur.
La Loire est sortie des chantiers navals de Lorient.
Sur cale le 17 septembre 1827, elle est lancée le 2 décembre 1853, pour entrer en service le 1er septembre 1854, avant d'être rayée le 13 juillet 1886.
La Loire est mise sur cale à Lorient le 17 septembre 1827, sous le nom d'Annibal.
En 1828 les travaux sont ralentis, puis abandonnés .
En 1852, une décision de transformer ce navire en mixte est prise, et le 14 août 1853, les travaux sont visités par le ministre Théodore Ducos.
Le 2 décembre 1853 c'est un nouveau lancement et, le 24 mai 1854 l'Annibal devient le Prince Jérôme.
Le 1er septembre, il est armé pour des essais, avec un équipage réduit à 140 hommes, et le 7 novembre, il est armé à effectif complet, sous les ordres du commandant de vaisseau Didelot.
Le 14 novembre 1854 il atteint une moyenne de 10 nœuds lors des essais de vitesse et, le 6 décembre, le navire quitte Lorient à destination de Toulon, port où il est procédé à la réparation du coussinet arrière porte-hélice.
Du 7 au 26 février 1855, le Prince Jérôme est utilisé comme transport de Toulon à Constantinople avec des troupes. Il remorque pour cette mission l'Hercule.
Du 4 au 5 mars il effectue le trajet Constantinople baie de Kamiesh en Crimée, toujours avec sa remorque, avant de revenir à Constantinople le 14 mars, puis le 4 avril à Toulon.
Le 7 juin, nouveau transport de troupes de Toulon à Constantinople, puis repos à Kamiesh le 19 juin, avant son retour en France, faisant escale au Pirée en Grèce le 30 juin, pour arriver à Toulon le 13 juillet et effectuer des réparations aux cylindres.
Le 12 août le navire quitte Toulon, avec à son bord 1250 soldats, 100 condamnés et du matériel dirigés sur Alger.
Du 18 au 20 août il effectue la traversée retour vers Toulon.
Le 27 août, le Prince Jérôme quitte de nouveau Toulon, emportant 1336 soldats et des munitions, fait une escale à malte le 31 août, et arrive à Constantinople le 7 septembre. Il est de retour à Toulon le 5 octobre et passe au bassin pour visite.
Le 10 novembre, on est obligé d'enlever l'arbre porte-hélice, et le navire est sorti provisoirement du bassin, afin de laisser la place au Charlemagne.
Le 7 février 1856, le Prince Jérôme effectue une sortie pour essais. Par la suite, il appareille le 13 mars, fait escale à Malte le 29 mars, et arrive à Kamiesh le 9 avril, avec un avarie de machine.
Le 17 avril il quitte Kamiesh, avec transportant 1200 zouaves, et arrive à Alger le 8 mai.
Du 15 au 17 mai, traversée d'Alger à Malte, puis escale au Pirée le 24 mai, avant d'arriver le 30 mai à Kamiesh pour embarquer 1213 soldats.
Le 19 juin il est à Marseille, d'où il repart le lendemain pour Toulon.
Le 2 septembre, le navire escorte le roi Pierre V du Portugal, âgé alors de 19 ans, aux régates de Pacos d'Argos au Portugal. Relevé par l'Austerlitz, le Prince Jérôme quitte Lisbonne le 30 octobre, et arrive à Brest le 4 novembre pour entrer en carénage.
Le 25 février 1857, le navire est en réarmement, puis quitte Brest pour Toulon le 28 mai. Du 23 juin au 5 août, il effectue 4 sorties pour des exercices avec l'escadre aux Salins, près d'Aigues-mortes.
Le 31 août, il est au mouillage à La Goulette en Tunisie, puis fait escale à Barcelone le 18 septembre.
Du 7 au 21 octobre, le Prince Jérôme effectue la traversée de Toulon à Brest avec la 2ème Division, soit l'Austerlitz, l'Ulm et le Tourville.
En 1858, le navire est en escadre, puis est désarmé le 10 juin, pour être placé en réserve le 22 août.
Le 1er juin 1859, il est réarmé pour essais, puis effectue une sortie avec le Colbert le 3 juin, et est en commission de port le 10 juin 1859. En juillet 1860, il est de nouveau réarmé avec 200 hommes pour essais, puis est remis en réserve.
Le 18 juin 1862, le Prince Jérôme est réarmé en transport, à effectif réduit. Le 28 août, il quitte Toulon pour Oran, avec à bord 668 hommes du 67ème de Ligne.
Le 5 septembre, il quitte Oran à destination du Mexique. Mais le 6 septembre, le feu se déclare dans la membrure, entre les 3ème et 7ème sabords de la batterie basse. L'origine du feu ne peut être découverte malgré de nombreux coup de sonde à la tarière. Les 7 pompes suffisant à peine, le navire entre à Gibraltar, où la lutte contre le feu se poursuit.
Le 10 septembre, la Dryade reçoit l'ordre d'appareiller de Cherbourg pour venir à Gibraltar récupérer les passagers du Prince Jérôme et les acheminer au Mexique.
Le 26 septembre, le Prince Jérôme qui Gibraltar et arrive à Toulon le 28 pour effectuer les réparations. Il semble que la cause de l'incendie ait été une fuite de vapeur provenant du tuyau d'extraction, fuite qui aurait pourri la muraille. Les réparations effectuées, on retrouve la navire à Naples le 6 octobre, avec le prince Napoléon et le princesse Clothilde, puis il est placé en réserve de 1ère catégorie le 5 novembre 1862.
En 1863 et 1864, il est en grand carénage.
De 1865 à 1870, il est désarmé et sa puissance nominale est réduite à 530 chevaux.
Le 19 septembre 1870, le Prince Jérôme est rebaptisé le Hoche.
Le 6 juin 1872, le navire est rayé des listes de la Flotte une première fois.
Mais sa carrière va rebondir.
En effet, le bagne de Toulon est encombré, et le Gouvernement veut augmenter les déportations pour pallier le problème, ce qui demande des moyens de grandes capacités. L'Ingénieur de 2° classe Vidai soumet un projet de transformation du Hoche en transport à voile pouvant embarquer 800 condamnés, 200 passagers libres et 400 hommes d'équipage.
Le 27 septembre le projet est approuvé par le Directeur des Constructions Navales et les travaux débutent en octobre. Le navire est réinscrit sur les listes de la Flotte comme transport à voiles. Il est alors rebaptisé la Loire, avec début des travaux de transformation.
En novembre et décembre, s'opère une nouvelle transformation, avec débarquement de l'artillerie et de la machine, le remplacement de l'ancienne mâture par un gréement plus léger, l'installation de la nouvelle artillerie et de ses munitions, l'agrandissement de la dunette, la construction d'une teugue (superstructure peu élevée, puis par extension surélévation à l'avant d'un bateau) à l'avant pour loger une partie de l'équipage, installation de bouteilles latérales en dehors de la coque, dans la batterie haute aménagement d'un poste à l'avant pour le reste de l'équipage et de prisons pour 350 détenus environ avec une infirmerie les séparant, et aménagement du faux-pont pour loger les passagers libres.
Les prévisions en vivres sont de 10 mois pour l'équipage et les passagers, et 5 mois pour les condamnés.
Le 20 février 1873, c'est la fin des travaux et le 1er mars, le navire est armé et placé sous les ordres du capitaine de vaisseau Jacques Lapierre, devant être prêt pour un départ le 15 avril. La capitaine de frégate Keraval embarque comme seond.
Le 2 avril, la Loire est mise en rade, et mi-avril, la Commision d'Armement se rend à bord pour vérifier le bon état de navigabilité du navire. Une circulaire du préfet maritime ordonne que le 17 avril à 18 heures 15, il sera procédé à l'embarquement d'un premier convoi de 240 forçats, et le 18, de 2 convois de 410 forçats, soit un total de 650.
De plus, le détachement d'Infanterie de Marine venant de Cherbourg sera embarqué le 15, les autres passagers marins et militaires le 16, et les passagers isolés ainsi que les survillants et leur famille le 17 à 8 heures, en vue d'un appareillage le 19. Parmi ces passagets devraient se trouver les capitaine du 3ème réigment d'Infanterie de Marine Magnier, Lenoë et leur famille, et le garde d'Artillerie Garoux, destiné à la Nouvelle-Calédonie.